La Grande-Bretagne et l’Europe pourraient faire face à une crise de pénurie de carburant dans les semaines à venir, selon l’avertissement du directeur général de Shell, Wael Sawan. Ce dernier a souligné que la pression sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz a déjà entraîné une réduction de la consommation énergétique dans plusieurs pays asiatiques, et un “effet domino” pourrait provoquer des mesures similaires en Europe.
Lors d’une conférence sectorielle à Houston, Texas, Sawan a indiqué que l’Asie du Sud était la première touchée, suivie de l’Asie du Sud-Est puis de l’Asie du Nord-Est, avant d’affecter davantage l’Europe d’ici avril. Il a aussi mentionné que les gouvernements européens devraient envisager de restreindre la demande d’énergie pour la première fois en presque quatre ans afin d’éviter des pénuries généralisées.
Mercredi soir, il a été rapporté que la Grande-Bretagne pourrait envoyer des navires civils dans le détroit d’Hormuz afin d’éliminer les mines iraniennes de cette voie maritime cruciale. Des plans impliquent que des navires affrétés servent de “navires-mères” pour des drones chargés de localiser et de neutraliser les explosifs sous-marins dans la région du Golfe. Un acteur senior de l’industrie énergétique britannique a déclaré que les avertissements de Sawan décrivent l’un des “scénarios les plus pessimistes”, bien qu’il soit “absolument possible”.
Le marché a ressenti une panique récente en raison de la situation en Iran, entraînant une flambée des prix du pétrole et du gaz de 40 % et 60 % respectivement en un mois. Cette incertitude a été accentuée par la fermeture du détroit d’Hormuz par la République islamique, par lequel transitent 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Il est indéniable que les préoccupations actuelles sont davantage liées aux prix qu’à la sécurité physique des approvisionnements. Alors que les entreprises et les ménages britanniques pourraient commencer à s’auto-rationner si les prix continuent de grimper, le gouvernement détient le pouvoir d’intervenir sur les stocks de carburant en cas de crise.
Des mesures similaires ont déjà été mises en œuvre sur le continent, comme en Slovénie, qui a introduit un rationnement du carburant limitant les automobilistes à un maximum de 50 litres par jour, tandis que les agriculteurs et les entreprises disposent d’un quota plus large de 200 litres. Malgré ces restrictions, le Premier ministre slovène a assuré qu’il y avait suffisamment de carburant dans le pays et qu’il n’y aurait pas de pénuries.
Bon à Savoir
- La crise énergétique peut créer des tensions économiques qui pourraient affecter divers secteurs, tels que l’agriculture et les transports.
- Des pays comme la Slovénie prennent des mesures préventives en réponse aux fluctuations des prix et à la disponibilité du carburant.
- La fermeture du détroit d’Hormuz entraîne des implications géopolitiques majeures, étant une artère clé pour l’approvisionnement mondial.
- Les gouvernements ont des leviers d’action en matière d’approvisionnement en énergie, mais leur activation dépendra de l’évolution de la situation.
La gravité de la situation actuelle soulève des questions sur notre dépendance aux énergies fossiles et sur la résilience de nos économies face à des crises géopolitiques. En quoi cela pourrait influencer notre transition vers des sources d’énergie plus durables et transparentes ? Une réflexion s’impose sur nos choix futurs et la nécessité de chercher des solutions à long terme pour assurer la sécurité énergétique de demain.