En 2024, près de 3 % du PIB de Malte a quitté le pays sous forme de transferts personnels vers des pays non membres de l’UE, selon des données récemment publiées par l’UE. Cette somme représente les fonds envoyés par des migrants vivant à Malte à leurs familles dans leur pays d’origine.
Les chiffres révèlent qu’au cours de l’année passée, les habitants de Malte ont expédié 649 millions d’euros vers des pays extérieurs à l’UE, tandis qu’ils n’ont reçu que 8,5 millions d’euros de ces mêmes pays. Cela a entraîné un déficit de 640,6 millions d’euros, soit environ 2,8 % du PIB de Malte, un montant qui surpasse celui de tous les autres pays de l’UE.
Chypre suit Malte avec un transfert équivalant à 0,9 % de son PIB sortant de l’Europe, soit un tiers du solde maltais. Les transferts personnels désignent les envois d’argent entre ménages, généralement des paiements envoyés par des migrants à leur famille restée au pays.
Ce fort niveau de sortie de fonds souligne la dépendance croissante de Malte à l’égard des travailleurs migrants, dont beaucoup envoient une part significative de leurs revenus à leur famille à l’étranger. Au fil des années, la main-d’œuvre migrante de Malte a continué de croître, avec plus d’un tiers des travailleurs du pays étant étrangers. Cependant, une baisse des arrivées de ressortissants de pays tiers a été notée depuis l’année dernière.
Des mesures ont été mises en place en début d’année pour ralentir le turn-over des travailleurs migrants et lutter contre les employeurs exploitants. D’autres pays de l’UE se trouvent dans une situation similaire à celle de Malte, voyant une partie de la richesse qu’ils génèrent quitter l’UE.
La plupart des pays de l’UE affichent également un déficit dans leur balance, ce qui signifie que les résidents envoient plus d’argent vers des pays non membres de l’UE qu’ils n’en reçoivent. Seuls neuf pays ont enregistré un excédent, dont la Croatie qui mène avec 2,6 % de son PIB.
À l’échelle de l’UE, les transferts personnels vers les pays extérieurs à l’UE ont atteint 52,1 milliards d’euros en 2024, soit une augmentation de 6 % par rapport à l’année précédente, tandis que seulement 14,8 milliards d’euros ont été transférés dans l’autre sens. D’après Eurostat, l’argent sortant de l’UE a connu une forte hausse ces dernières années, la croissance atteignant 51 % depuis 2020, tandis que les entrées ont augmenté à un rythme plus lent de 26 % sur la même période.
Bon à Savoir
- Malte a connu une augmentation significative de sa population étrangère dans les dernières années.
- Les transferts d’argent des migrants sont essentiels pour le soutien économique de leurs familles dans leur pays d’origine.
- Des discussions politiques sont en cours concernant la régulation des travailleurs migrants en Europe.
- Le phénomène des flux financiers entre l’UE et les pays tiers soulève des questions sur l’économie et la solidarité européenne.
- Des pays divers au sein de l’UE adoptent des approches variées pour gérer la présence de travailleurs étrangers.
Ce constat soulève des interrogations sur la dynamique des migrations et leurs implications économiques. Les flux financiers témoignent non seulement de l’impact des migrants sur les économies d’accueil, mais également de leur rôle crucial dans le soutien à leurs familles restées au pays. À l’échelle européenne, cette réalité appelle à une réflexion sur la façon dont nous intégrons ces travailleurs, tout en préservant l’équilibre économique et la justice sociale. La question de l’avenir des migrations en Europe et de leur gestion sera sans doute un enjeu majeur des années à venir.