Dans le cadre des événements économiques imminents au Japon, la semaine à venir se présente sans bouleversements politiques significatifs.
Il est attendu que l’inflation des producteurs montre quelques signes de stabilité dans le rapport d’octobre, ce qui pourrait avoir un effet apaisant sur l’inflation des consommateurs dans environ six mois. L’indice des prix à la consommation de base (hors aliments frais) a augmenté à +2,9 % en septembre, par rapport à +2,7 % en août, en grande partie en raison de la hausse technique des coûts énergétiques globaux, déclenchée par une forte baisse des coûts d’électricité subventionnés en septembre 2024.
– Lundi 10 novembre
À 12h40 JST (03h40 GMT), Junko Nakagawa, membre du conseil de la Banque du Japon et ancienne dirigeante de Nomura Securities, s’exprimera devant un public d’affaires à Okayama, dans l’ouest du Japon. Aucune conférence de presse n’est prévue après cette allocution.
Lors de sa dernière réunion des 29 et 30 octobre, le conseil de la Banque du Japon a, comme prévu, voté à 7 contre 2 pour maintenir le taux d’intérêt overnight à 0,5 % pour la sixième fois consécutive, en pleine incertitude quant aux effets émergents de la politique commerciale protectionniste des États-Unis, des risques géopolitiques et des marchés financiers. Le conseil souhaite observer les effets de relance d’un paquet économique prévu par le Premier ministre Sanae Takaichi, qui a pris ses fonctions le 21 octobre. La dernière hausse du taux remonte à janvier, avec une augmentation de 25 points de base.
Dans son rapport trimestriel sur les perspectives économiques, la Banque du Japon a réitéré qu’elle “continuera de relever le taux d’intérêt et d’ajuster le degré d’assouplissement monétaire” si la croissance et l’inflation évoluent conformément à ses prévisions à moyen terme. Toutefois, elle est encore en phase de normalisation de sa politique monétaire après des années de maintien de taux d’intérêt à court terme proches de zéro.
Comme en septembre, deux membres du secteur financier, Hajime Takata et Naoki Tamura, ont appelé à une augmentation du taux d’intérêt overnight, de 25 points de base, le portant à 0,75 %. Takata, ancien dirigeant de Mizuho Securities, a affirmé que l’objectif de stabilité des prix de 2 % fixé par la banque avait été largement atteint. Tamura, quant à lui, a encouragé la banque centrale à rapprocher le taux d’intérêt de ce qui est considéré comme neutre pour l’activité économique, face à un risque d’inflation croissant.
– Lundi 10 novembre
À 14h00 JST (05h00 GMT), la Banque du Japon publiera l’indice d’activité de consommation de septembre. L’indice du côté de l’offre a enregistré une baisse pour le deuxième mois consécutif, avec une diminution ajustée saisonnièrement de 0,4 % en août, après une baisse de 0,5 % en juillet et une hausse de 0,7 % en juin. Cet indice a chuté de 0,5 % sur le trimestre juillet-août, après avoir légèrement augmenté de 0,1 % au deuxième trimestre. Les chiffres excluent les dépenses liées au tourisme entrant mais tiennent compte des dépenses liées au tourisme sortant.
Ce nouvel indicateur a tendance à évoluer parallèlement à la consommation privée, telle que mise à jour par les données du PIB. Le PIB préliminaire pour le trimestre juillet-septembre, attendu le 17 novembre, devrait enregistrer sa première contraction en six trimestres, avec une baisse de 0,7 % par rapport au trimestre précédent, soit une annuité de 2,7 %, après une croissance de 0,5 % (taux annuel de 2,5 %), alors que le conflit commercial avec les États-Unis nuit à l’investissement commercial et aux exportations, tandis que la consommation reste faible.
– Jeudi 13 novembre
À 08h50 JST (23h50 GMT), la Banque du Japon publiera l’indice des prix des biens d’entreprise d’octobre.
Les prévisions de Mace News estiment que l’indice pourrait afficher une augmentation de 2,6 % sur un an en octobre, légèrement en dessous de la hausse de 2,7 % observée en septembre, grâce à la baisse des prix du fer et de l’acier, des produits chimiques et du pétrole brut. Les coûts de production agricole pour les entreprises restent élevés mais ont diminué ces derniers mois, passant de plus de 40 % à environ 30 %, suite à la résolution des pénuries d’approvisionnement domestiques (le taux d’inflation des consommateurs pour les produits de base est tombé rapidement sous 50 %, après avoir dépassé 100 % en début d’année).
L’augmentation annuelle de l’indice des prix des biens d’entreprise a ralenti à un plus bas de 15 mois de 2,5 % en juillet, le plus faible niveau depuis 1,2 % en avril 2024, après une révision à la hausse de 2,8 % en juin, suite à un pic récent de 4,3 % en février et mars de cette année (le plus élevé depuis 4,5 % en juin 2023).
Un des principaux défis pour tous les secteurs demeure la dépréciation du yen, qui accroît les coûts d’importation. Le taux de change mensuel moyen dollar/yen durant les heures de négociation à Tokyo est passé à 151,28 ¥ en octobre, contre 147,94 ¥ en septembre et un minimum récent de 144,50 ¥ en juin, selon la Banque du Japon. En octobre 2024, l’unité américaine se chiffrait à 149,63 ¥.
Sur le mois, l’indice devrait marquer une deuxième hausse consécutive, après une augmentation de 0,3 % en septembre et une baisse de 0,2 % en août. Cette augmentation de septembre a été alimentée par des hausses des prix des produits agricoles (riz brun, riz poli et œufs de poule), des métaux non ferreux (cuivre, or en lingots et fils de cuivre isolés) et des combustibles (essence, diesel et fioul).
Bon à Savoir
- Les déclarations du gouverneur de la Banque du Japon peuvent influencer le marché boursier et les taux de change.
- Une inflation stable est souvent perçue comme un signe de confiance dans l’économie.
- Les changements dans la politique monétaire peuvent avoir des répercussions à long terme sur l’emploi et les investissements.
- Le yen faible pourrait stimuler les exportations japonaises, mais pénaliserait les importations.
- La conjoncture économique internationale et les tensions géopolitiques restent des facteurs clés à surveiller.
En somme, la dynamique économique japonaise se situe à un carrefour, rendant indispensable une analyse approfondie des politiques monétaires et commerciales. Comment la Banque du Japon pourra-t-elle naviguer dans cette réalité complexe ? Cette question soulève des enjeux critiques sur la résilience et l’avenir économique du pays.