Plus de 80% des pays ont emprunté à la Chine au cours des deux dernières décennies !
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Drapeaux chinois et américain devant une entreprise américaine à Pékin

Drapeaux chinois et américain devant une entreprise américaine à Pékin

Entre 2000 et 2023, la Chine a octroyé plus de 2 trillions de dollars en prêts et subventions à plus de 80 % des pays et régions du monde. Les États-Unis figurent parmi les principaux bénéficiaires, selon des données fournies par l’institut de recherche AidData, basé au College of William and Mary à Williamsburg, en Virginie.

Avec le temps, les entreprises publiques chinoises ont prêté environ 200 milliards de dollars pour près de 2 500 projets et initiatives, représentant plus de 9 % du montant total accordé par la Chine aux entreprises américaines. Plus de 95 % de cette somme provient des banques d’État chinoises, tandis que le reste a été prêté par des acteurs non étatiques.

La carte ci-dessous illustre les montants prêtés par la Chine à divers pays entre 2000 et 2023. Au cours de cette période, 179 des 217 pays et territoires ont reçu au moins un prêt d’un créancier d’État chinois. En 2023, la Chine a été le plus grand créancier au monde, prêtant 140 milliards de dollars à divers pays.

Les entités en Russie et en Australie ont été les deuxième et troisième principaux bénéficiaires des deux dernières décennies, recevant respectivement 172 milliards et 130 milliards de dollars. Les entreprises des 27 États membres de l’Union européenne ont reçu 161 milliards de dollars pour 1 800 projets et activités.

Le graphique ci-dessous présente les 20 pays ayant reçu les engagements de prêt les plus élevés entre 2000 et 2023, ainsi que leur catégorie de revenu. Parmi les pays figurant sur ce graphique, six sont qualifiés de « pays à revenu élevé », ayant reçu plus de 20 % du montant total prêté par la Chine pendant cette période. Au total, environ 943 milliards de dollars ont été prêtés à ces pays à revenu élevé.

Pékin s’éloigne de son rôle de fournisseur d’aide aux nations relativement moins fortunées, son attention se tournant vers le prêt commercial aux pays développés. Par exemple, plus de 75 % des transactions de prêt de la Chine avec des entreprises américaines étaient de nature « commerciale », tandis qu’environ 7 % visaient un objectif « de développement », selon les données. En 2000, la Chine avait prêté environ 320 millions de dollars aux États-Unis, montant qui a considérablement augmenté pour atteindre environ 19 milliards de dollars en 2023, marquant ainsi un tournant vers des investissements plus commerciaux.

Initialement, la Chine se concentrait sur le développement d’infrastructures dans des pays économiquement défavorisés. Le président chinois Xi Jinping a lancé l’Initiative la Ceinture et la Route (BRI) en 2013, facilitant le développement de projets énergétiques, d’infrastructures et de connectivité en Europe et en Asie. Cependant, le rapport d’AidData montre que la Chine a considérablement réduit ses prêts à ces projets ; la BRI, autrefois responsable de 75 % des opérations de prêt de la Chine, ne représente désormais plus que 25 %.

Selon le rapport, la Chine a un taux de réussite de 80 % pour obtenir l’approbation des fusions et acquisitions à l’étranger, ce qui s’explique par des mécanismes de filtrage adaptés dans la plupart des pays dans lesquels elle a investi. La Chine a réussi à canaliser des fonds à travers des sociétés offshore et des syndicats bancaires internationaux.

Jusqu’en 2023, des entités indiennes ont emprunté ou reçu 11,1 milliards de dollars de la Chine, dont une grande partie est destinée au secteur énergétique et aux services bancaires et financiers. La majorité de ces fonds ont été empruntés avec des objectifs à la fois commerciaux et de développement.

Bon à Savoir

  • La Chine a largement investi dans des projets d’infrastructure à travers le monde, y compris en Europe et en Asie.
  • La tendance actuelle montre un glissement vers des prêts commerciaux, plutôt que de l’aide à des projets de développement.
  • Les prêts de la Chine à des pays développés sont en augmentation, reflétant une stratégie commerciale plus affinée.
  • Le secteur énergétique est une priorité pour les investissements chinois, surtout en Inde.
  • Les mécaniques de prêt chinois renforcent souvent les relations bilatérales avec les pays partenaires.

Dans une ère où les dynamiques économiques mondiales évoluent rapidement, il est crucial de s’interroger sur les implications de cette montée en puissance de la Chine en tant que créancier mondial. Les instances internationales, tout en reconnaissant ces bouleversements, doivent réfléchir à la manière dont elles s’alignent sur ces nouvelles réalités, tant du point de vue économique que géopolitique. Cette réflexion soulève la question fondamentale : comment les pays peuvent-ils naviguer dans un paysage financier de plus en plus complexe tout en maintenant leurs intérêts nationaux et en assurant une croissance durable ?



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