
Les choix mal avisés de Rachel Reeves lors du prochain Budget pourraient plonger l’économie britannique dans une crise, si ses annonces provoquent un effondrement de la confiance sur les marchés obligataires, selon un scénario analysé par des experts d’Oxford Economics.
Rachel Reeves s’engage à stimuler la croissance et à réduire le coût de la vie pour les Britanniques, même si les prévisions indiquent une hausse possible des impôts de plus de 30 milliards de livres.
Cependant, un scénario où la perte de confiance des marchés entraînerait une flambée des rendements obligataires et une chute de la livre sterling face au dollar pourrait causer un impact négatif de 0,6 point de pourcentage sur le PIB britannique.
Une nouvelle étude publiée par le cabinet d’économistes intensifie la pression sur Reeves, car ses décisions pourraient affecter la croissance et l’inflation.
Pourquoi Rachel Reeves pourrait inquiéter les marchés obligataires
Les analystes soulignent que le Royaume-Uni fait face à des risques accrus, car les investisseurs offrent actuellement au gouvernement “un certain crédit”.
Bien que le Royaume-Uni ait un niveau de dette publique brute inférieur à la plupart des pays, il ne bénéficie pas des mêmes avantages structurels que d’autres économies, comme le Japon ou les États-Unis, qui ont une demande forte pour leur dette respectivement.
Cela expose davantage le Royaume-Uni aux fluctuations du sentiment du marché. Le Budget à venir est perçu comme un “déclencheur évident” d’une perte de confiance, si son contenu est mal accueilli.
Le rapport décrit plusieurs façons dont Reeves pourrait déranger les marchés obligataires et engendrer une crise économique.
Bien que l’on s’attende à ce qu’elle respecte ses règles en matière de dépenses publiques sur une période de trois ans, elle pourrait être amenée à faire des choix fiscaux instables pour les finances publiques.
La nécessité d’envisager un trou fiscal d’environ 30 milliards de livres au Budget, en raison de prévisions de productivité plus faibles, pose un défi majeur.
Une augmentation voulue des revenus gouvernementaux par “une série de petites taxes” pourrait créer des tensions sur le marché, car la réaction du public pourrait être plus forte que prévu.
Andrew Goodwin, économiste en chef chez Oxford Economics, note que “historiquement, les consolidations basées sur les revenus ont un faible taux de réussite”.
Si les marchés venaient à perdre confiance et que la livre se dépréciait, le Royaume-Uni pourrait avoir du mal à contrer une inflation élevée.
Pourrait-on alors voir le gouvernement contraint de réduire ses dépenses pour restaurer la confiance du marché ?
Bon à Savoir
- La relation entre la dette et la confiance du marché est complexe et peut changer rapidement.
- Les événements économiques globaux peuvent impacter directement les décisions au niveau national.
- Un bon équilibre budgétaire est crucial pour maintenir la crédibilité d’un gouvernement.
- Les petites taxes peuvent également avoir des conséquences disproportionnées sur les comportements des consommateurs.
- Les annonces financières doivent toujours être soigneusement calibrées pour éviter des réactions négatives.
À la lumière de ces révélations, on peut s’interroger sur la nature même de la prise de décision économique. Les choix d’aujourd’hui façonnent les défis de demain et révèlent l’étroite liaison entre stratégie fiscale et perception publique. Pour une vision à long terme, la prudence dans l’approche budgétaire semble essentielle, ouvrant la voie à une réflexion plus large sur la responsabilité économique et son impact sur la société. C’est dans cette dynamique que se joue non seulement l’avenir d’un gouvernement, mais aussi celui de toute une nation.