Le concept d’économie en K se renforce, d’après de nouvelles données. Après la pandémie de Covid, la lettre K illustre les expériences économiques divergentes des Américains : les ménages à revenu élevé s’en sortent de mieux en mieux, tandis que ceux à faible revenu sont de plus en plus en difficulté.
Un rapport de l’agence de notation TransUnion révèle que, malgré une amélioration des conditions de crédit pour une large partie des consommateurs, d’autres rencontrent des difficultés face à la montée des coûts et à l’augmentation de leurs dettes.
« L’économie en K est bien vivante », a affirmé Michele Raneri, vice-présidente chez TransUnion en charge de la recherche et de la consultation aux États-Unis.
Au cours des dernières années, un nombre croissant d’emprunteurs se retrouvent soit dans la catégorie « superprime » avec un score de crédit de 780 ou plus, soit dans la catégorie « subprime » avec un score de moins de 600, selon TransUnion. Cette dynamique engendre une économie de consommation de plus en plus duale.
« La partie supérieure du K est très solide », a déclaré Raneri. « La classe superprime est stable et résiliente. Quand les gens intègrent ce groupe, ils ne fluctuent pas beaucoup. »
Du côté inférieur du K, les ménages à faible revenu « souffrent plus qu’auparavant », a indiqué Raneri. Ces consommateurs portent des charges de dettes plus élevées avec des ratios dettes/revenus qui augmentent, ce qui témoigne d’une pression financière potentielle.
« Tout le monde a ressenti les effets de l’inflation de manière assez uniforme — personne n’y a échappé », a-t-elle ajouté. Toutefois, lorsqu’on considère les niveaux de dettes par rapport aux revenus, « on constate que les consommateurs à faible revenu sont davantage touchés ».
Ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois se tournent souvent vers les cartes de crédit pour faire face à leurs besoins. Le solde moyen des cartes de crédit par consommateur s’élève désormais à 6 519 dollars, soit une augmentation de 2,3 % par rapport à l’année précédente, selon TransUnion.
Actuellement, les ménages à revenu élevé, ceux gagnant plus de 125 000 dollars par an, sont les principaux moteurs des dépenses des consommateurs, comme l’indique une nouvelle publication de la Réserve fédérale de New York.
Les plus riches dépensent également une part démesurée de leur consommation dans des biens de luxe, des restaurants haut de gamme et des loisirs par rapport aux autres groupes.
Le début du K
L’économie a montré une divergence marquée en 2023, ont constaté les chercheurs de la Fed de New York, « peu après l’expiration de plusieurs programmes d’aide destinés aux ménages à faible et moyen revenu. »
Depuis lors, les ménages à faible revenu ont été les plus durement touchés par une inflation prolongée, tandis que la richesse a crû plus rapidement pour ceux situés au sommet. Malgré une santé globale relative des dépenses des consommateurs et des soldes des cartes de crédit, la dépendance à un segment unique de l’économie soulève des interrogations sur la croissance des dépenses et sa fragilité, ainsi que sur la vulnérabilité économique et les politiques à adopter.
Bon à Savoir
- La notion d’économie en K illustre la dichotomie croissante entre les différentes classes sociales.
- Les ménages à faible revenu se trouvent sous pression financière accrue, reflétée par des taux d’endettement croissants.
- Un nombre croissant d’emprunteurs accède à des scores de crédit extrêmes, tant élevés que très bas, créant ainsi une économie de consommation polarisée.
- La dépendance des dépenses économiques aux ménages riches pourrait engendrer des risques pour la croissance à long terme.
Dans un contexte où l’économie se divise de manière prononcée, il est crucial de maintenir une attention constante sur les implications sociales et économiques que cette réalité peut engendrer. Alors que certains prospèrent, d’autres luttent pour leur survie. Cette fracture soulève des questions essentielles : comment assurer une stabilité économique inclusive et durable ? Les stratégies à adopter pour combler ce fossé nécessitent une réflexion approfondie, tant des responsables politiques que des acteurs économiques. L’équilibre social et la prospérité partagée semblent plus que jamais être des objectifs à rechercher collectivement.
