Derrière le jackpot de 500 milliards de rands de Natie : Ce que cela révèle sur les entrepreneurs sud-africains
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Il s’agit indéniablement de la plus grande transaction d’entreprise jamais réalisée par une seule famille sud-africaine, représentant près de 7 % du PIB du pays.

La vente par Natie Kirsh de son entreprise américaine, Jetro Restaurant Depot, pour 29,1 milliards de dollars (environ 500 milliards de rands) ne le propulse pas seulement en tête de la liste des milliardaires sud-africains. Elle illustre également les compétences remarquables des entrepreneurs locaux sur la scène mondiale.

Pour les Sud-Africains plus âgés, le reportage en première page du Wall Street Journal décrivant comment un “reclus de 94 ans” a vendu son empire alimentaire au grossiste américain Sysco n’a pas constitué une surprise.

Kirsh, un maître des affaires, a dominé le secteur économique sud-africain au début des années 1980, créant le troisième plus grand groupe industriel du pays, possédant de nombreuses grandes marques de consommation.

« C’était un poids lourd à son apogée en Afrique du Sud », déclare David Shapiro, gestionnaire de portefeuille chez Otto1890. « Il a disparu des radars en allant aux États-Unis, mais personne ne savait comment il avait transformé Jetro en ce colossal conglomérat. C’est pourquoi l’ampleur de cet accord a surpris beaucoup de monde. »

Natie Kirsh, homme d'affaires
Un homme d’affaires originaire de Potchefstroom avec un sens aigu du détail (Robert Tshabalala)

L’histoire de Kirsh débute en 1932 à Potchefstroom, où il naît de parents immigrants lituaniens ayant lancé une petite affaire de malt. Le tournant intervient en 1958 lorsqu’il utilise une indemnité d’assurance de 1 200 livres sterling, suite au décès de son père, pour acheter des moulins au Swaziland — aujourd’hui Eswatini —, et réussit à en faire le citoyen le plus riche du royaume.

Le FM le surnommait en 1967 le « Paul Getty du Swaziland », un parallèle avec le flamboyant magnat américain du pétrole.

Ainsi, alors que Getty aimait être sous le feu des projecteurs, Kirsh s’en éloignait. « Il déteste la publicité. Il ne me remerciera pas pour cette introduction », avait ironisé un journaliste du FM en 1967.

En 1970, il diversifie son entreprise swazie dans les secteurs chimiques, agricoles et de la distribution alimentaire. Sa vision transformera la distribution en Afrique du Sud.

Sa fusion avec Metro Cash & Carry (Metcash) en est l’illustration. Malgré des embûches, Kirsh parvient à hisser son groupe au rang de troisième plus grande société industrielle d’Afrique du Sud à la fin des années 1970.

Après un revirement économique dans les années 1980, Kirsh se retire du mainstream sud-africain pour développer Jetro, qui devient un fournisseur de gros pour les petits restaurants et services alimentaires aux États-Unis.

Jetro est devenu un acteur majeur du marché, et avec l’intervention de Warren Buffett, un intérêt notable s’est manifesté autour de l’entreprise. Toutefois, Kirsh restera impliqué dans la gestion directement depuis le terrain.

Bon à Savoir

  • Natie Kirsh a su tirer parti des opportunités du marché américain, développant Jetro en un acteur clé du secteur de la distribution alimentaire.
  • Malgré des débuts modestes, Kirsh a su s’imposer sur une scène mondialisée, prouvant que l’entrepreneuriat sait se frayer un chemin, même contre les obstacles.
  • Le partenariat entre Kirsh et Sanlam, bien qu’initialement perçu comme un échec, a en réalité permis de préserver les actifs cruciaux de Kirsh.
  • La transformation de Jetro a relégué des acteurs concurrents à l’arrière-plan, illustrant l’importance d’une vision entrepreneuriale adéquate.
  • Kirsh incarne l’idée que l’expérience acquise dans son pays d’origine peut nourrir des succès à l’international.

En somme, l’histoire de Natie Kirsh invite à réfléchir sur les défis et les potentialités des entrepreneurs sud-africains. Est-il possible que le cadre actuel en Afrique du Sud ne soit pas favorable à l’épanouissement des talents? La conjugaison d’opportunités dans des environnements plus permissifs et d’une résilience développée face aux contraintes domestiques démontre un potentiel indéniable. Il est vital de discuter de l’avenir des entrepreneurs locaux : comment créer des conditions optimales pour qu’ils prospèrent, tant au niveau national qu’international?



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