Les périodes d’incertitude économique ont souvent poussé de jeunes professionnels à retourner sur les bancs de l’école, un moyen fiable de réorienter leur carrière ou de se démarquer sur le marché de l’emploi. Cependant, l’émergence de l’intelligence artificielle remet en question la valeur des diplômes de deuxième cycle.
Les dernières données d’emploi de la promotion 2025 de la Harvard Business School révèlent que, pour les diplômés de son programme MBA, le diplôme continue d’offrir des avantages notables. Le salaire de base médian des diplômés a atteint 184 500 dollars, en hausse par rapport à 175 000 dollars l’an passé. Parmi les 65 % de la classe en quête d’emploi, 90 % ont reçu au moins une offre dans les trois mois suivant l’obtention du diplôme, avec un taux d’acceptation de 84 % — des résultats améliorés par rapport aux promotions précédentes.
Une analyse de PayScale suggère que le revenu médian à vie d’un diplômé de HBS dépasse 8,5 millions de dollars. Cependant, la promotion 2025 a également établi un record avec 35 % de diplômés ne recherchant pas d’emploi traditionnel, un choix motivé principalement par un intérêt croissant pour l’entrepreneuriat. En effet, 17 % des diplômés envisagent de créer leur propre entreprise, un pourcentage qui n’a cessé d’augmenter ces dernières années.
Pourquoi de plus en plus de diplômés MBA délaissent le modèle traditionnel au profit de l’entrepreneuriat
Cette tendance entrepreneuriale s’inscrit dans un changement plus large. Les outils d’intelligence artificielle ont facilité la création d’entreprises, simplifiant des tâches comme l’étude de marché et l’innovation. En parallèle, de nombreuses grandes sociétés réduisent leurs effectifs en s’adaptant à l’IA, incitant certains diplômés à créer leurs propres opportunités professionnelles.
Une enquête menée par Intuit l’an dernier a révélé que parmi les jeunes de 18 à 35 ans, près des deux tiers avaient lancé une activité secondaire, et près de la moitié d’entre eux le faisaient par envie d’être leur propre patron. Cet éloignement du modèle traditionnel pourrait également refléter les leçons tirées des expériences de burnout de nombreux gestionnaires de la génération millénaire, qui ont trouvé le modèle d’entreprise conventionnel peu soutenable.
Steven Schwartz, fondateur et PDG de la plateforme Whop, souligne que les jeunes générations ne recherchent plus des carrières classiques comme le consulting ou la banque. Ils aspirent à des expériences plus épanouissantes et créatives, et veulent exploiter leurs compétences pour apporter quelque chose de nouveau.
Les diplômés MBA qui choisissent des emplois à plein temps se tournent vers l’industrie technologique
Malgré l’engouement pour l’entrepreneuriat, la majorité des diplômés MBA se dirigent toujours vers le marché de l’emploi, et cette année a marqué un changement notable. Pour la première fois en cinq ans, l’industrie technologique est devenue le secteur le plus prisé, représentant 22 % des recrutements, suivie par le conseil (21 %) et le capital-investissement (14 %).
Voici les secteurs d’emploi des diplômés de la promotion 2025 :
- Technologie : 22 %
- Consulting : 21 %
- Capital-investissement : 14 %
- Gestion d’investissement/Fonds spéculatifs : 7 %
- Santé : 6 %
- Banque d’investissement : 6 %
- Industrie manufacturière : 5 %
- Organisations à but non lucratif/Gouvernement : 4 %
- Capital-risque : 4 %
- Divertissement/Médias : 3 %
- Autres services financiers : 3 %
- Services : 3 %
- Produits de consommation : 2 %
- Commerce de détail : <1 %
Il apparaît que plus de 40 % des PDG des entreprises du Fortune 1000 détiennent un MBA, dont environ 6 % sont des diplômés de HBS. Scott Edinburgh, consultant en admissions MBA, invite les futurs étudiants à considérer le MBA comme un investissement à long terme plutôt que sur le court terme. Même si certains défis peuvent se présenter, les avantages d’une telle formation continuent de se renforcer au fil des années.
Bon à Savoir
- Les compétences en intelligence artificielle deviennent essentielles pour les diplômés.
- Les jeunes entrepreneurs privilégient des modèles d’affaires plus flexibles et adaptables.
- L’importance croissante du travail à distance influence les choix professionnels.
- Le networking s’avère crucial pour les jeunes diplômés, notamment dans le secteur technologique.
- Les opportunités dans les startups attirent de plus en plus les nouveaux diplômés.
Cette évolution du paysage professionnel ouvre un débat plus large sur la valeur des diplômes traditionnels face à un monde en rapide mutation. Les étudiants d’aujourd’hui semblent en quête de sens, cherchant non seulement des compétences mais aussi une véritable réalisation personnelle, défiant ainsi l’idée reçue que le succès se mesure uniquement par un salaire élevé ou un poste prestigieux. Ce questionnement sur ce qui constitue une carrière réussie soulève un reflet sur l’orientation que prend notre société et sur les valeurs que nous souhaitons transmettre aux générations futures.