Le Canada à la croisée des chemins : la sécheresse entrepreneuriale menacée !
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Brianna Solberg, directrice pour les Prairies et le Nord à la CFIB, s’exprime sur BNN Bloomberg au sujet de la baisse de l’entrepreneuriat dans les petites entreprises au Canada.

L’économie canadienne connaît une perte de petites entreprises plus rapide qu’elle ne peut en créer de nouvelles. La Fédération Canadienne de l’Entreprise Indépendante (CFIB) estime qu’il est impératif que les gouvernements fédéral et provinciaux interviennent pour inverser cette tendance.

Dans un rapport récent, l’organisation qualifie cette situation de “sécheresse entrepreneuriale”, définie comme une période d’un an ou plus où les taux d’entrée des entreprises sont systématiquement inférieurs aux taux de sortie.

Cette sécheresse perdure depuis 2024, faisant de cette période la plus difficile pour les entrepreneurs depuis la pandémie.

« Ce que nous entendons au Canada, c’est qu’il est tout simplement trop difficile de créer, gérer et développer une petite entreprise », déclare Brianna Solberg, directrice de la CFIB pour les Prairies et le Nord.

Plus de la moitié des propriétaires de petites entreprises découragent actuellement l’entrepreneuriat en raison des risques financiers, des obstacles réglementaires, des préoccupations commerciales et d’une incertitude à long terme.

Les secteurs de l’hôtellerie, de la fabrication et du transport sont particulièrement touchés par ce sentiment.

« Beaucoup d’entreprises affirment que l’ambition et l’esprit entrepreneurial sont présents, même par rapport à nos homologues américains, mais c’est l’environnement qui manque pour prendre des risques et maintenir la confiance commerciale », précise Solberg.

Elle souligne que les coûts d’exploitation augmentent considérablement une fois qu’un certain seuil est atteint, rendant même la succession d’entreprise difficile.

« Au Canada, les gains en capital sont lourds, et il est difficile de trouver quelqu’un pour reprendre l’entreprise », ajoute-t-elle.

« Ce que nous observons souvent, ce sont des entreprises américaines qui achètent des entreprises canadiennes simplement parce qu’elles disposent des financements et des ressources nécessaires. »

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) indique que la croissance de la productivité au Canada a atteint en moyenne 0,86 % depuis l’an 2000, soit bien en deçà du taux américain de 1,4 %.

Elle prévoit également que le Canada connaîtra la plus faible croissance du PIB réel par habitant parmi ses membres d’ici 2060, avec une moyenne de seulement 0,78 % par an, ce qui représente moins de la moitié du taux attendu aux États-Unis.

Une tendance en déclin

Solberg souligne que la tendance à voir des entreprises sortir plus rapidement qu’elles n’entrent sur le marché existe depuis les années 1980, mais s’est aggravée ces deux dernières années.

« Ce que nous observons actuellement au Canada devrait être perçu comme un signe d’alerte pour les gouvernements et les décideurs », avertit-elle.

Elle espère que les gouvernements agiront pour remédier à la hausse des coûts d’exploitation en réduisant les impôts, en améliorant la mobilité de la main-d’œuvre entre les provinces et en allégeant le fardeau réglementaire, tant au niveau fédéral que provincial.

Par exemple, certaines provinces comme la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et le Manitoba entravent la croissance des entreprises en appliquant une taxe de vente provinciale sur les investissements en capital.

« Même si elles tentent de créer un environnement propice aux affaires en abaissant d’autres impôts, elles n’autorisent pas les entreprises à déduire les dépenses d’investissement », conclut Solberg.

« Il est essentiel de se demander ce dont les propriétaires d’entreprises ont besoin pour réussir. À l’échelon provincial, les gouvernements doivent en tenir compte. »

Bon à Savoir

  • Les petites entreprises représentent une part importante de l’économie canadienne, mais elles font face à de nombreux défis.
  • Les secteurs les plus touchés par la perte d’entreprises incluent l’hôtellerie, la fabrication et le transport.
  • La transition vers un environnement économique plus favorable pourrait nécessiter des réformes fiscales et réglementaires.
  • La problématique de la succession d’entreprise reste un obstacle majeur pour de nombreux entrepreneurs.
  • La comparaison avec les États-Unis met en lumière des différences significatives en matière de croissance et de soutien à l’entrepreneuriat.

Il est essentiel de réfléchir à l’état actuel de l’entrepreneuriat au Canada et aux implications que cela pourrait avoir sur l’économie dans son ensemble. En tant que nation, sommes-nous réellement prêts à soutenir et encourager cette dynamisme entrepreneurial ? Les choix que nous faisons aujourd’hui influenceront les générations futures et détermineront si nous pouvons inverser cette tendance inquiétante. La question demeure : comment créer un environnement qui favorise l’innovation et la croissance ?



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