Dans un premier temps, Maria Riudavets, gérante de Ca Na Maru depuis plus de dix ans, remercie chaleureusement Banca March et Es Diari de l’avoir invitée à participer à ce forum. Elle met en avant l’esprit entrepreneurial de sa mère, Maruja Florit, fondatrice de l’entreprise qui possède aujourd’hui douze établissements à Minorque, principalement dans la région de Llevant, tout en étant présente sur l’île grâce à des accords avec plusieurs chaînes de supermarchés.
« Une matriarque » issue d’une famille modeste, Maruja avait un indéniable flair pour la cuisine et la pâtisserie, se rappelle Maria. C’est ainsi qu’elle a commencé à vendre des produits alimentaires dans la petite épicerie familiale près du Convent de Sant Diego, où elle proposait des spécialités faites à partir de vieilles recettes familiales. En 1980, elle a acquis un garage qui est devenu son premier local, marquant les débuts de Ca Na Maru.
Onze ans plus tard, en 1991, au milieu de la crise économique engendrée par la guerre du Golfe, Maria se souvient : « Nous avons décidé de faire le grand saut. » Cette décision les a amenés à s’installer dans le Polygone de La Trotxa. « C’était un investissement conséquent, mais cela en valait la peine. Nous n’avions pas peur. » Alors que de nombreux établissements fermaient, ils ont profité de la situation pour ouvrir leur propre boutique.
Ainsi, leur premier magasin sur le Carrer des Forn à Alaior a vu le jour, suivi de l’ouverture à Maó sur le Camí des Castell. « Peu à peu, nous avons ouvert d’autres locaux. » En 1996, avec une vision claire du marché, Ca Na Maru a ouvert sa première cafétéria à Sant Lluís. En 2015, pour des raisons d’enregistrement, le nom de Maruja a été remplacé par Ca Na Maru, et en 2020, après la crise sanitaire liée à la COVID, l’entreprise, qui comptait alors douze établissements (neuf cafétérias et trois boulangeries), a décidé de se concentrer sur l’optimisation de ses ressources.
Avec une équipe de 60 employés bien fidélisés et un chiffre d’affaires prévu de près de 4,5 millions d’euros pour 2024, Maria admet que la transition vers la troisième génération semble incertaine. « Aujourd’hui, c’est compliqué. Les lois et réglementations favorisent souvent les grandes entreprises. » Elle reconnaît également que travailler en famille présente des défis : « Ce n’est pas toujours simple, c’est même un grand défi. Nous avons parfois fait des erreurs, mais nous nous relevons toujours avec détermination. »
Bon à Savoir
- Ca Na Maru a commencé sous forme d’une petite boutique familiale, illustrant le parcours d’un commerce qui a su évoluer avec son temps.
- Marie Riudavets représente la seconde génération à la tête de cette entreprise, témoignant des défis de la succession familiale.
- Les crises peuvent devenir des opportunités d’investissement et de développement, comme l’a prouvé l’histoire de Ca Na Maru.
- Le secteur de l’alimentation sur l’île de Minorque est en constante évolution, surtout dans le contexte des nouvelles tendances de consommation.
En somme, l’expérience de Ca Na Maru nous enseigne que la résilience et l’adaptabilité sont des qualités essentielles face aux défis économiques. Alors que le paysage commercial évolue, les entreprises familiales doivent naviguer judicieusement entre tradition et innovation. Cela soulève une question intéressante : comment maintenir l’essence d’une entreprise tout en s’adaptant aux nouvelles attentes des consommateurs ?