Un entrepreneur peut réussir, mais doit connaître sa destination et ses motivations !
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Lorsque je me suis installé en Israël en 2002, après la crise de 2001, je travaillais dans un lave-auto avec mon père. Nous étions employés et avons commencé tout en bas. Je cherchais constamment des moyens d’améliorer l’entreprise et proposais sans cesse des idées au responsable, qui était péruvien. Je lui disais : pourquoi ne pas faire cela ? Pourquoi ne pas essayer ça ? Cela le faisait tourner en bourrique.

Issu d’une famille de classe moyenne, ayant rencontré de nombreuses difficultés mais aussi possédant des forces qu’il convient de souligner, j’ai toujours eu le sentiment que tout le monde pouvait accéder à la réussite économique. À chacun de définir ce que le succès signifie, mais je pense sincèrement que tout un chacun peut évoluer tant sur le plan professionnel que personnel. Si cela a fonctionné pour moi, cela peut fonctionner pour d’autres. Cette conviction est profondément ancrée en moi.

Lorsqu’il s’agit de jouer un rôle d’impact sur autrui par le biais du mentorat, de l’investissement ou d’une simple discussion, c’est parce que je crois vraiment que chacun a ce potentiel. J’ai des amis avec qui je discute tous les quinze jours de leurs affaires, et j’essaie de les aider. C’est de là que tout émane.

P : Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui débute avec sa petite start-up ?

IF : Je crois que chaque entreprise est une extension de soi-même. Certains disent même que c’est comme leur “bébé” ; pour ma part, je pense qu’il s’agit d’une extension de soi. Ayant beaucoup joué au football, je perçois la manière dont on se positionne sur le terrain comme un reflet de sa vie, et cela s’applique également aux affaires.

Mon premier conseil serait donc de comprendre où chacun veut aller, et pourquoi. Vous souhaitez créer une entreprise, mais quelle est la raison ? Avant même d’avoir une idée, c’est essentiel de définir ce pourquoi. Cette raison peut évoluer, mais il existe souvent une pression sociale qui pousse les gens à vouloir entreprendre des choses qu’ils ne désirent pas nécessairement. Un processus d’introspection est donc bénéfique : il aide à connaître sa propre identité et ses aspirations.

Il est fondamental de se poser cette question : “Pourquoi souhaitez-vous faire cela ?”. En général, l’entrepreneur finit par identifier certaines motivations qui deviennent plus tangibles et sur lesquelles il pourra s’appuyer. Lorsque l’entreprise commence à croître et à recruter, ce message se diffuse naturellement.

Il est crucial de réfléchir en profondeur : pourquoi faites-vous ce que vous faites ? Quels sont vos objectifs ? Cherchez-vous à générer des profits ? À être reconnu ? Tout cela est légitime, tant que cela reste dans le cadre légal. Comprendre son “pourquoi” est l’une des plus précieuses ressources qu’un entrepreneur puisse posséder. Ensuite, il s’agit de jouer avec cela.

P : Qu’est-ce qui vous a motivé à créer vos premières entreprises ?

IF : J’ai commencé vers 26 ou 27 ans. Souvent, on me demande ce que j’aurais fait différemment, et il m’arrive de répondre que j’aurais dû commencer plus tôt. L’argent paraît être la réponse facile, mais cela cache souvent des motivations plus profondes.

Pour moi, ce n’était pas tant l’argent en soi, mais tout ce qui l’entourait, comme la reconnaissance. Comme beaucoup, nous désirons être appréciés, et cette reconnaissance en fait partie. Éprouver un sentiment de compétence dans ce que l’on fait est également gratifiant. En évoluant avec votre entreprise, on se sent utile ; cela nourrit l’âme.

Mon aspiration à un développement économique était également liée à un besoin de reconnaissance et de fierté familiale. Toutefois, il est important de reconnaître que la pression sociale influence nos désirs ; on se surprend à fantasmer sur l’achat d’un voiture ou à vouloir partir en vacances. C’est une combinaison de différents facteurs.

Avec le temps et l’effort, on peut évoluer et clarifier ces motivations. Une fois nos objectifs atteints, il arrive souvent qu’on se demande : “Et maintenant ?”. Le travail est perpétuel. Prenons l’exemple des athlètes, la majorité du temps est consacrée à l’entraînement et une fraction plus faible à la compétition. Dans notre bureau, c’est notre “compétition”. Alors, combien de temps consacrons-nous à notre formation ? À la lecture, à l’apprentissage, au développement de notre pensée critique ? Je pense que l’apprentissage dans le monde des affaires nécessite encore plus d’attention.

P : Quelle est selon vous la principale qualité qu’un entrepreneur doit posséder ?

IF : À mon sens, l’essentiel est la constance. Prenons l’exemple des sportifs. On parle fréquemment de l’entraînement de Federer ou de Messi, mais comprenons-nous vraiment que tout repose là-dessus ? J’ai vu de nombreuses entreprises avec des idées brillantes et des entrepreneurs extrêmement intelligents, mais comme au gymnase, tout dépend de cette constance, de cette discipline quotidienne. Le véritable engagement envers soi-même est fondamental.

Il existe une tension constante : voulez-vous sortir avec des amis ou vous développer ? Il s’agit d’écouter ces voix et de parvenir à un consensus. C’est une question de priorités. Même si cela peut sembler ennuyeux de dire que tout repose sur la discipline, la constance et l’apprentissage autonome, c’est de là que tout découle. Il n’y a pas de raccourci.

Les réseaux sociaux véhiculent une illusion de succès rapide, pourtant, dans les faits, c’est très complexe. Chacun arrive avec sa “valise d’outils”, c’est la manière dont on les développe et le contexte dans lequel on les utilise qui fait la différence.

P : En quoi consiste l’innovation que vous avez développée et qui a propulsé votre entreprise ?

IF : Mon entreprise, Predicto, a la capacité de se connecter aux deux grands univers des médias en ligne. D’un côté, Meta et TikTok, où l’on travaille avec le trafic et les centres d’intérêt des utilisateurs. De l’autre, Google et Amazon, où les utilisateurs expriment directement leurs recherches.

Notre plateforme se positionne au centre : elle crée des contenus que Meta et TikTok distribuent à des audiences ciblées, tout en dirigeant ce trafic vers les offres de Google pour les annonceurs. Il s’agit d’un modèle basé sur la prédiction et la création de contenu, qui aligne les intérêts de toutes les plateformes.

Par exemple, un individu argentin de 20 à 30 ans a une propension à apprécier le football. Ces plateformes savent segmenter cette audience et lui proposer des publicités basées sur ses affinités. Ce type de trafic est qualifié de non-intent, car l’utilisateur ne manifeste pas directement ses intérêts à Meta et TikTok. La réussite de Google et Amazon repose en partie sur le fait que nous leur communiquons ce que nous sommes à la recherche.

Cette information est très précieuse ; ainsi, Google peut approcher différentes marques de voitures et leur proposer de diffuser leur publicité à une audience en recherche de véhicules.

Notre plateforme est donc à la croisée de ces flux. Nous créons du contenu et aidons Meta et TikTok à monétiser leurs audiences, tout en apportant du trafic à Google, dont l’intérêt est de ne pas uniquement se reposer sur les utilisateurs de son moteur de recherche.

Cette avancée a été un véritable point de bascule pour l’entreprise : nous passons d’un modèle de marketing de performance à un modèle plus statistique, évolutif et sophistiqué.

P : Sur quel type de projets vous concentrez-vous en tant qu’investisseur ?

IF : Mon approche est opportuniste. Lors de l’évaluation des entrepreneurs, j’identifie trois éléments cruciaux, comme le dit souvent Warren Buffet. Tout d’abord, la confiance ou l’intégrité ; ensuite, la capacité à résoudre des problèmes et à évoluer ; enfin, la motivation. L’exécution est le facteur multiplicateur de toute idée. Une bonne idée bien exécutée a beaucoup plus de valeur qu’une idée brillante sans plan d’action.

Le secteur d’activité est rarement déterminant, car dans la majorité des cas, les entreprises commencent dans un domaine et finissent dans un autre. Ce qui compte réellement, ce sont les équipes, les personnes derrière les idées.

Bon à savoir

  • La constance est essentielle pour un entrepreneur, tout comme dans le monde du sport.
  • La réflexion sur ses motivations personnelles peut aider à définir des objectifs clairs et réalisables.
  • La recherche d’un développement personnel et professionnel doit être continue et engagée.
  • Une idée peut être brillante, mais sans exécution efficace, son potentiel reste inexploité.
  • Le succès entrepreneurial ne se résume pas à des résultats financiers immédiats, mais implique une démarche évolutive.

La quête de succès dans l’entrepreneuriat amène une réflexion plus large sur la nature même du succès. Qu’est-ce qui définit réellement notre réussite ? Est-ce le chiffre d’affaires, la reconnaissance sociale, ou encore la satisfaction personnelle ? En engageant cette réflexion, nous pouvons mieux appréhender notre parcours et envisager l’avenir de manière plus éclairée.



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