Création de l’Association canadienne du capital de démarrage
Alors que les groupes d’investisseurs providentiels et de capital-risque du Canada se livrent à une compétition autour de l’allocation de 750 millions de dollars de financement fédéral pour l’innovation, une nouvelle organisation a vu le jour pour faire entendre la voix des financiers en phase de démarrage.
Jesse Wiebe, un investisseur angel basé à Saskatoon, a lancé l’Association canadienne du capital de démarrage (ACCD), qui regroupe plus de 19 syndicats d’anges et petits gestionnaires de fonds, comme Startup TNT, Anges Québec, Antler Canada et Firehood. Il représente ainsi plus de 3 500 investisseurs.
L’ACCD entre en concurrence avec l’Organisation nationale du capital des anges (ONCA) et l’Association canadienne de capital de risque et de capital-investissement (ACVCA), qui se concentre sur des entreprises à un stade plus avancé.
Le but de l’ACCD est de rassembler des investisseurs allant des anges, qui soutiennent des start-ups émergentes, à des petits fonds de capital-risque qui financent des entreprises plus matures. Des membres comme Indigenous Venture Challenge et Capital M Ventures soutiennent respectivement des start-ups dirigées par des fondateurs autochtones et des femmes noires.
M. Wiebe a décidé de fonder l’ACCD après que des sources gouvernementales aient signalé leur intérêt à dialoguer directement avec ceux qui mènent des actions concrètes pour déployer et trouver des capitaux pour les start-ups.
Le budget d’automne 2025 a promis 1,75 milliard de dollars pour soutenir le secteur de l’innovation au Canada, dont 1 milliard est destiné au quatrième volet d’un programme qui finance des fonds de capital-risque. Le reste, soit 750 millions de dollars, vise à aider les entreprises canadiennes à surmonter le manque de financement de croissance à un stade précoce.
Tandis que l’ONCA et l’ACVCA interprètent ce mandat différemment, M. Wiebe estime que les jeunes entreprises sont sous-financées aux premières étapes, mais il n’est pas convaincu que le problème soit uniquement un manque de capital. Selon lui, il est crucial de renforcer les réseaux qui connectent investisseurs et start-ups avec une infrastructure mieux ciblée.
Pour l’ACCD, l’idée est de demander entre 75 et 150 millions de dollars au gouvernement, avec un tiers dédié à l’activation des capitaux et aux connexions, et deux tiers pour un fonds de fonds qui fournirait jusqu’à 2,5 millions de dollars aux gestionnaires de fonds en phase de démarrage.
Des leaders tels que Richard Tuck et Melissa Allen rejoignent l’ACCD, soulignant que les solutions actuelles ne s’attaquent pas aux problèmes structurels de financement et traînent des processus qui nuisent aux start-ups. Pour l’ACCD, une approche collective et collaborative est essentielle pour dynamiser l’écosystème entrepreneurial canadien.
Bon à Savoir
- L’ACCD vise à créer des synergies entre investisseurs pour dynamiser le financement des start-ups.
- Des initiatives comme Indigenous Venture Challenge portent une attention particulière aux fondateurs issus de communautés sous-représentées.
- Le débat sur la répartition des fonds fédéraux met en lumière les différents besoins entre phases de financement.
- Les réseaux d’investissement jouent un rôle crucial dans la mise en relation des acteurs de l’écosystème.
En fin de compte, la question du financement des start-ups au Canada dépasse le simple problème de l’argent disponible. Elle interroge notre capacité à créer des connexions durables dans l’écosystème entrepreneurial. Dans un monde où les idées innovantes foisonnent, il est essentiel d’investir dans la structure même qui va permettre à ces idées de prospérer. Comment garantir que le soutien soit à la hauteur des ambitions de demain ? La réflexion est ouverte.