Des avancées lentes sur la troisième piste d'Heathrow : un enjeu national selon le directeur !
Voter pour ce post

Heathrow fait état d’une baisse de ses bénéfices et d’une stagnation de la croissance du nombre de passagers. Son directeur général a déclaré que le lent avancement de son projet de troisième piste, évalué à 33 milliards de livres, devrait être considéré comme une préoccupation nationale.

Thomas Woldbye, le PDG de l’aéroport de Heathrow, a souligné que des décisions majeures concernant le modèle de financement et le cadre légal pour l’expansion devaient être prises cette année par les régulateurs et le gouvernement si l’aéroport souhaitait respecter le calendrier fixé par la chancelière, Rachel Reeves, pour commencer les travaux d’ici 2029.

L’expansion de Heathrow nécessite la construction d’un “quasi nouvel aéroport” dans l’ouest de Londres, a-t-il précisé, avec un budget total de 49 milliards de livres pour l’ajout et la rénovation de terminaux ainsi que de la piste.

Une nouvelle piste pourrait permettre d’accueillir environ 276 000 vols supplémentaires chaque année, avec une mise en service attendue au plus tôt en 2035.

“Je pense que les gens sous-estiment parfois l’ampleur de notre projet. Nous souhaitons être transparents”, a déclaré Woldbye.

“En termes d’impact physique, il ne diffère pas de ce que nous avons demandé depuis 15 ans.”

Concernant la relance du projet suite à l’arrivée au pouvoir du parti travailliste, Woldbye a exprimé le souhait que certaines décisions avancent plus rapidement. Il a rappelé que la chancelière a fixé des délais que l’aéroport aimerait respecter, même si le processus de planification s’avère complexe.

Il a également mentionné : “Si nous devons investir 33 milliards de livres, nous voulons des garanties”.

Dans un communiqué, Heathrow a précisé que “pour garantir un financement entièrement privé, l’Autorité de l’aviation civile (CAA) doit mettre en place un cadre qui donne confiance aux investisseurs”.

Les redevances d’atterrissage que les compagnies aériennes paient à Heathrow sont fixées par la CAA tous les cinq ans. Les compagnies craignent une augmentation significative pour financer la troisième piste. Cependant, Woldbye a affirmé que l’aéroport ne cherchait pas de “changement radical dans le régime”.

Un réexamen de la Déclaration de politique nationale des aéroports, qui donne un soutien législatif à la troisième piste, est également en cours.

Woldbye a insisté sur l’importance de prendre ces décisions cette année pour respecter les délais.

Il a aussi mentionné que le nombre de passagers continuerait de croître de “façon relativement limitée en raison d’un manque d’espace, ce qui devrait préoccuper le pays, freinant notre expansion”.

Parallèlement, les bénéfices avant impôt de Heathrow ont chuté de plus d’un tiers pour atteindre 575 millions de livres en 2025, comparé à 917 millions en 2024, en partie à cause de la baisse des redevances d’atterrissage et des coûts de maintenance élevés, malgré un record de 84,5 millions de passagers.

L’aéroport a versé 550 millions de livres de dividendes à ses actionnaires, principalement constitués d’investisseurs étrangers, dont la société de capital-investissement Ardian et les fonds souverains du Qatar et d’Arabie Saoudite.

Woldbye a déclaré qu’après une pause de cinq ans, “nous avons estimé qu’avec une performance solide en 2025 et une génération de liquidités, c’était le moment de nous tourner vers nos actionnaires”.

Des campagnes contre l’expansion soulignent l’augmentation de la dette de Heathrow, qui approche les 19 milliards de livres. Toutefois, l’aéroport assure que cela ne constitue pas un obstacle à la construction de la nouvelle piste. Paul McGuinness, président de la coalition No 3rd Runway, a mis en garde contre les implications financières : “Un gouvernement soutenant le projet devra engager les contribuables à financer le projet, s’il doit aller au-delà d’un simple trou inachevé dans le sol”.

Bon à Savoir

  • Le projet de troisième piste pourrait nécessiter des investissements supplémentaires pour répondre aux besoins de croissance prévus.
  • La croissance des passagers est en partie limitée par les infrastructures existantes de l’aéroport.
  • La relation entre les redevances d’atterrissage et le financement des projets d’expansion est cruciale pour les compagnies aériennes.
  • Heathrow envisage de travailler plus étroitement avec les régulateurs pour garantir la transparence dans le processus décisionnel.
  • Les enjeux environnementaux liés à l’expansion de l’aéroport soulèvent des débats au sein de la société.

Ce projet d’expansion soulève des interrogations fondamentales sur l’avenir de l’infrastructure aérienne au Royaume-Uni. Si la nécessité d’une expansion du réseau aérien semble indiscutable, la question demeure : jusqu’où peut-on aller dans cette quête de croissance, tout en préservant l’environnement et en respectant les préoccupations des citoyens ? La réflexion sur ces enjeux pourrait, à terme, orienter les futures décisions politiques et économiques liées à l’aviation.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *