Les prix mondiaux du pétrole ont franchi la barre des 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2022, alors que les conséquences du conflit entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran de l’autre, ont pour effet de retirer 20 millions de barils du marché chaque jour.
Un week-end de violences croissantes au Moyen-Orient a intensifié les inquiétudes concernant une pénurie d’approvisionnement durable, faisant grimper les prix du pétrole à leur niveau le plus élevé en quatre ans et entraînant une vente massive sur les marchés boursiers.
Au moins cinq sites énergétiques autour de Téhéran ont été frappés, avec des témoignages évoquant des scènes « apocalyptiques » dans la capitale iranienne. Parallèlement, la société nationale du Koweït a annoncé une réduction préventive de sa production en raison des représailles de l’Iran.
Le détroit d’Ormuz, l’une des artères commerciales les plus importantes au monde, par où transite environ un cinquième du pétrole et du gaz maritime global, reste en quelque sorte fermé depuis une semaine.
Le Brent, référence internationale du pétrole, a enregistré une hausse de 16,6 %, atteignant 108,10 dollars le baril, marquant une première depuis l’invasion russe de l’Ukraine. Le prix du West Texas Intermediate (WTI) a également connu une forte augmentation, grimpant de 19,6 % à 108,72 dollars le baril.
Donald Trump a défendu cette flambée des prix en la qualifiant de « très petit prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde », la qualifiant de conséquence « à court terme » des événements. Il a ajouté que les prix « chuteraient rapidement lorsque la menace nucléaire iranienne serait éliminée ».
L’espoir d’un retour à des prix plus bas se heurte aux avertissements du régime iranien qui a anticipé une nouvelle hausse des prix. Un porte-parole des Gardiens de la Révolution a déclaré que si l’on pouvait tolérer un prix du brut dépassant 200 dollars le baril, il faudrait continuer sur cette voie.
Dans le même temps, les marchés boursiers se sont enfoncés, le Nikkei 225 du Japon chutant de 6,3 % au début du trading lundi, et d’autres marchés asiatiques répondant de manière similaire. Les données de trading pré-marché laissaient présager une ouverture en baisse à Wall Street.
Les prix du pétrole sont ainsi repassés au-dessus des 100 dollars après avoir connu les plus fortes hausses hebdomadaires depuis le début de la pandémie de Covid-19, avec une augmentation de 10 dollars du brut américain rien que vendredi dernier.
Selon Clayton Seigle, analyste au Center for Strategic and International Studies, « la période de grâce accordée par le marché à l’administration Trump est terminée ». Le manque de 20 millions de barils par jour impacte les équilibres du marché pétrolier mondial sans aucun signe de répit.
Les prévisions de pénurie mondiale de pétrole se sont vues renforcées par les déclarations du ministre de l’Énergie du Qatar, qui a averti que si le conflit se poursuivait, tous les pays exportateurs d’énergie du Golfe seraient contraints de fermer leurs installations dans quelques semaines, faisant grimper les prix à 150 dollars le baril.
Les installations de stockage en Arabie saoudite, aux Émirats et au Koweït approchent de leur capacité maximale, menaçant ainsi de devoir fermer des champs pétroliers si le brut ne peut pas être exporté. De nombreux navires tentant de traverser le détroit sont à l’arrêt, après des menaces de l’Iran de frapper tout vaisseau empruntant cette voie.
Seigle a signalé que les exportations d’hydrocarbures du Moyen-Orient ne reprendront pas tant que les acteurs du transport maritime n’auront pas l’assurance suffisante pour opérer dans ce contexte de menaces militaires.
La Maison Blanche envisage plusieurs contre-mesures, y compris la déviation du pétrole saoudien par la mer Rouge, l’utilisation de réserves stratégiques américaines ou encore l’extension des assurances gouvernementales aux compagnies maritimes. Néanmoins, Seigle a précisé que cela ne suffirait pas à compenser la perte de 20 millions de barils par jour.
Bon à Savoir
- La flambée des prix du pétrole pourrait avoir des répercussions sur l’économie mondiale, affectant notamment l’inflation.
- Les tensions au Moyen-Orient historique se manifestent à nouveau, rappelant la volatilité des marchés de l’énergie.
- Le pétrole brent et le WTI sont des indices clés à surveiller pour anticiper les tendances du marché.
- Des solutions alternatives, comme le recours à des ressources énergétiques renouvelables, pourraient être envisagées à long terme.
L’émergence de conflits géopolitiques rappelle que l’économie mondiale est intimement liée à la stabilité des marchés énergétiques. La dépendance croissante au pétrole et les innombrables conséquences d’une crise énergétique nous amènent à nous interroger sur la durabilité de notre modèle économique. Face à ces défis, il est crucial d’analyser les réponses politiques et économiques qui façonneront notre avenir énergétique.