Les jeux d'argent n'apportent aucune 'malaise social', affirment les lobbyistes face à des députés incrédules
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Grainne Hurst, la directrice générale du Betting and Gaming Council, a déclaré devant les députés britanniques qu’il n’existe pas de « mal social lié au jeu ». Lors d’une audition avec le comité des finances, elle a mis en garde contre l’augmentation des impôts sur le secteur lors du budget de novembre, arguant que cela pourrait entraîner la perte de milliers d’emplois et pousser les parieurs vers des services non régulés.

Hurst a exprimé ces préoccupations alors que l’industrie du jeu s’oppose aux demandes d’augmentation des taxes, en particulier sur des produits jugés les plus risqués, tels que les casinos en ligne et les machines à sous des centres de jeux pour adultes.

Au cours d’un échange parfois tendu, le député John Glen a souligné l’importance de ce sujet, affirmant que la fiscalité des jeux n’était pas suffisamment prise en compte par le système fiscal actuel. En réponse, Hurst a affirmé qu’il n’existait pas de problèmes sociaux liés au jeu et que l’industrie était déjà correctement imposée.

Elle a ensuite précisé que toute nouvelle taxe mettrait en péril des emplois, des commerces et des parrainages sportifs. La présidente du comité, Meg Hillier, lui a alors demandé si elle croyait qu’il existait des problèmes sociaux associés au jeu, ce à quoi Hurst a fermement répondu « non ».

Elle a également évoqué les efforts déployés par l’industrie pour atténuer les éventuels dégâts causés par ses produits. Plus tôt, des experts avaient plaidé pour une augmentation des taxes sur les produits de jeu les plus risqués, tout en maintenant des taux plus bas pour des formes de paris considérées comme moins problématiques, comme les courses de chevaux.

Stewart Kenny, ancien fondateur de Paddy Power, a admis avoir des regrets sur certaines de ses actions dans le secteur. Il a démissionné de la direction en 2016, estimant que son entreprise ne protégeait pas suffisamment les joueurs à risque.

Kenny a illustré ses propos en comparant l’incitation à parier à l’expérience d’un client recevant sans cesse des offres alléchantes dans un bar. Il a fait valoir que dissuader les parieurs de passer des produits de jeu moins addictifs à ceux plus addictifs était crucial.

Alors que la chancelière, Rachel Reeves, doit annoncer son budget le mois prochain, les observateurs s’attendent à de possibles augmentations fiscales, l’imposition de l’industrie du jeu étant une piste pour accroître les revenus de l’État. Cependant, l’industrie résiste fortement à ces propositions. Récemment, Betfred a annoncé qu’elle fermerait tous ses 1 287 points de vente si des taxes étaient augmentées, tandis que la société derrière William Hill envisageait de fermer jusqu’à 200 magasins.

Kenny, ainsi que des experts, a exprimé l’idée que le gouvernement pourrait « significativement augmenter les taxes sur les jeux en ligne et accroître ses revenus ».

Bon à Savoir

  • Le débat sur la fiscalité du jeu au Royaume-Uni est intense, avec des opinions divergentes sur ses impacts sociaux.
  • La législation concernant le jeu varie considérablement d’un pays à l’autre, influençant les pratiques de marché.
  • De nombreux pays adoptent une approche à deux vitesses, imposant des taxes plus élevées sur les produits jugés à risque.
  • Les entreprises de jeux s’engagent de plus en plus dans des initiatives de responsabilité sociale.
  • La transition vers le jeu en ligne a modifié le paysage de l’industrie, rendant la régulation plus complexe.

En somme, la question de la fiscalité sur le secteur du jeu soulève des enjeux complexes, à la croisée des défis économiques et des considérations éthiques. Dans une société où le divertissement et la responsabilité sociale sont de plus en plus interconnectés, il est essentiel d’explorer des solutions qui équilibrent rentabilité économique et protection des consommateurs. Comment définir ce juste équilibre face aux intérêts économiques qui s’affrontent ?



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