Les marchés boursiers mondiaux ont connu une forte volatilité et les prix du pétrole ont chuté lundi, suite à l’annonce de Donald Trump sur le report des attaques américaines contre les infrastructures iraniennes pour une durée de cinq jours.
Les bourses européennes, qui avaient subi une forte baisse dans les heures précédant le message de Trump sur les réseaux sociaux, ont principalement rebondi, soulignant le soulagement des investisseurs face à cette nouvelle. Le CAC 40 français, l’Ibex espagnol et le DAX allemand, qui avaient tous ouvert en baisse, ont enregistré des hausses respectives de 1 %, 1,4 % et 1,9 %. L’indice FTSE 100, qui avait chuté d’environ 1,5 % en début de séance, a inversé sa tendance pour atteindre une hausse de 0,4 % avant de revenir à une légère baisse de 0,2 %.
Les prix du pétrole, après avoir augmenté suite aux menaces de Trump envers l’Iran, ont fortement chuté. Le Brent, référence internationale, a perdu 7 % pour s’établir à 103 dollars le baril. Les prix du gaz au Royaume-Uni, à terme d’un mois, ont baissé de 5,1 % à 144 pence par therm.
Le président américain a déclaré sur sa plateforme sociale Truth Social que les États-Unis et l’Iran avaient eu des “conversations très bonnes et productives” au cours des deux derniers jours concernant une résolution complète des hostilités au Moyen-Orient.
Il a ajouté : “En raison de la tonalité de ces conversations approfondies et constructives, qui se poursuivront tout au long de la semaine, j’ai ordonné au Département de la guerre de reporter toute attaque militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours, sous réserve du succès des discussions en cours.”
Le dollar américain, habituellement recherché en période de volatilité, a glissé de 0,3 % par rapport à un panier des principales devises.
Ce revirement de Trump intervient après qu’il a accordé à l’Iran un délai de 48 heures – jusqu’à peu avant minuit GMT lundi – pour ouvrir le détroit d’Hormuz, par où transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié.
Téhéran a, pour sa part, menacé de “détruire irréversiblement” les infrastructures essentielles au Moyen-Orient, y compris les systèmes d’approvisionnement en eau, si les États-Unis mettaient à exécution les menaces de Trump.
Les attaques iraniennes ont en grande partie fermé le détroit, provoquant une crise énergétique mondiale que le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a qualifiée d’équivalente à la double crise pétrolière des années 1970 et aux retombées de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’économie mondiale se prépare à des prix du pétrole bien plus élevés en raison des perturbations dans le détroit, Goldman Sachs prévoyant que le Brent pourrait atteindre en moyenne 85 dollars le baril cette année, contre des prévisions antérieures de 77 dollars. Ce mois-ci, le Brent avait atteint des sommets historiques à 119,50 dollars le baril.
Les actions des compagnies pétrolières BP et Shell ont chuté de plus de 3 % lundi après le communiqué de Trump.
Les prix élevés de l’énergie ont inquiété les investisseurs, entraînant une baisse de 2,5 % du prix de l’or, qui s’est établi à 4 388 dollars l’once, dans un contexte d’inflation croissante persistante qui alimente les attentes de hausse des taux d’intérêt. L’or devient moins attrayant lorsque les taux d’intérêt sont élevés, car il ne génère pas de rendement.
Keir Starmer, le leader travailliste, présidera lundi une réunion d’urgence avec ses principaux ministres et le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, afin de discuter de l’impact économique de la crise en Iran. Ils examineront également la sécurité énergétique, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la réponse internationale à la guerre.
La crise en Iran augmente la pression sur Starmer pour qu’il annonce un plan d’aide destiné à soutenir les ménages face à la hausse prévue de 20 % de leurs factures d’énergie, alors qu’un plafond tarifaire sur le gaz et l’électricité arrive à expiration à la fin juin.
Une partie de la pression s’est relâchée sur le marché obligataire britannique. Le taux à 10 ans, qui sert de référence pour les coûts d’emprunt, a baissé de trois points de base à 4,95 %, après avoir atteint 5 % la semaine dernière, un niveau jamais vu depuis la crise financière de 2008.
Bon à Savoir
- Les tensions géopolitiques ont toujours un impact immédiat sur les marchés financiers.
- La performance des bourses peut être influencée par des décisions politiques inattendues.
- La prospectivité des prix pétroliers peut être analysée à la lumière des conflits internationaux.
- Les stratégies d’investissement peuvent nécessiter des ajustements rapides face à la volatilité du marché.
- Les décisions économiques sont souvent prises en réponse aux fluctuations à court terme des prix énergétiques.
Au regard de cette dynamique complexe, il est essentiel de réfléchir à l’interconnexion entre la politique et l’économie. Les événements sur la scène internationale peuvent produire des répercussions majeures, non seulement sur les marchés, mais aussi sur la vie quotidienne des citoyens. À l’avenir, l’analyse des conséquences de ces tensions géopolitiques nous amène à considérer comment les nations peuvent trouver un équilibre entre sécurité énergétique et diplomatie, et comment les décisions prises aujourd’hui peuvent façonner l’avenir de nos économies globalisées.