Paul Thwaite, directeur général de NatWest, a obtenu la plus grande rémunération pour un PDG du groupe bancaire depuis que son prédécesseur, Fred Goodwin, avait empoché 7,7 millions de livres avant la crise financière de 2008. Thwaite, qui a conduit la banque vers une pleine propriété privée l’année dernière, a perçu un package de rémunération de 6,6 millions de livres pour 2025, soit une augmentation d’un tiers par rapport à ses prédecesseurs.
Ce chiffre dépasse les 5,2 millions de livres reçus par Alison Rose, qu’il a remplacée en 2023 après un différend entre le groupe et Nigel Farage concernant ce que ce dernier qualifiait de fermeture discriminatoire de ses comptes. Thwaite devient ainsi le PDG le mieux rémunéré du groupe depuis 2006, lorsque la banque, alors connue sous le nom de Royal Bank of Scotland (RBS), connaissait son apogée avant la crise financière.
Les excès de Goodwin avaient été attribués à la chute de la banque, laquelle avait nécessité un plan de sauvetage gouvernemental de 45 milliards de livres durant la crise bancaire de 2008. Interrogé sur la pertinence de voir sa rémunération revenir à des niveaux d’avant la crise, Thwaite a affirmé être très fier des accomplissements de NatWest ces dernières années.
« Je reconnais que les fonctions élevées dans les services financiers et bancaires sont très bien rémunérées. Je suis conscient de cela, et je me considère chanceux », a-t-il déclaré. Il a ajouté que la politique de rémunération des dirigeants est décidée par le conseil d’administration et votée par les actionnaires, en insistant sur le lien étroit entre récompense et performance.
Les revenus de Thwaite ont été renforcés non seulement par la privatisation de la banque, mais aussi par une décision prise l’année dernière de supprimer le plafond des bonus bancaires qui limitait sa prime à deux fois son salaire. Cela faisait suite à une révision nationale des pouvoirs post-Brexit destinés à attirer davantage de banquiers à hauts revenus en Grande-Bretagne.
En plus de son salaire de 1,1 million de livres, un “fixed share allowance” de 1,1 million de livres, des cotisations de retraite et autres avantages, Thwaite a reçu un bonus de 4 millions de livres, dont un bonus annuel de 1,5 million de livres, en hausse de 68 % par rapport aux 890 000 livres de l’année précédente. Le reste est lié à un programme de bonus à long terme, qui a versé 2,5 millions de livres pour 2025.
Cette augmentation intervient alors que NatWest a annoncé 7,7 milliards de livres de bénéfices avant impôt pour 2025, soit une hausse de 24 % par rapport aux 6,2 milliards de livres de l’année précédente. La banque a également augmenté les primes de ses principaux banquiers, portant le pool de bonus du groupe à 495 millions de livres, soit la plus haute somme depuis 2013.
Le rapport annuel de NatWest a également révélé que 89 “preneurs de risques importants” ont gagné plus d’un million d’euros (870 000 livres) en 2025. La banque compte au total 59 000 employés permanents.
Les banquiers de NatWest ne sont pas seuls, car leurs homologues de Barclays ont également reçu le plus grand pool de bonus en 12 ans. Barclays a annoncé que ses banquiers partageraient 2,2 milliards de livres de bonus pour l’année financière 2025, représentant une augmentation de 15 % par rapport aux 1,9 milliard de l’année précédente, après une hausse de 13 % des bénéfices annuels. De leur côté, les dirigeants de Citigroup ont également vu leurs rémunérations grimper, avec Jane Fraser, PDG, recevant 42 millions de dollars pour 2025.
Bon à Savoir
- Paul Thwaite joue un rôle clé dans la stratégie de retour à la pleine propriété de NatWest.
- La question des rémunérations des dirigeants suscite souvent des débats publiques sur l’équité et la performance dans le secteur bancaire.
- La suppression du plafond des bonus suscite des réactions variées sur la régulation des marchés financiers.
- Barclays et d’autres banques suivent une tendance similaire en augmentant les bonus de leurs employés, ce qui peut influer sur le climat économique global.
Cette situation soulève des interrogations profondes sur l’équilibre entre la rétribution des dirigeants et la responsabilité sociale des entreprises. Alors que les bénéfices augmentent, il est essentiel de se demander si cette tendance à la hausse des salaires des hauts dirigeants est justifiée au regard des contextes économiques plus larges et des attentes sociétales. Répondre à cette question pourrait influencer la perception des institutions financières auprès du public et leur avenir dans une économie de plus en plus réglementée.