Pétrole : Vers une Explosion Mensuelle Historique à Cause de la Guerre en Iran !
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Prix du pétrole : record historique sous tension au mois de mars

Le prix du pétrole brut Brent est en passe de connaître sa plus forte progression mensuelle jamais enregistrée en mars, à la suite du conflit en Iran qui a semé le trouble sur les marchés.

Le brut Brent, référence internationale, a augmenté de 51 % depuis le début du mois, selon les données de LSEG, surpassant le précédent record de 46 % établi en septembre 1990, suite à l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, et marquant le début de la première guerre du Golfe.

Le Brent a clôturé à 112,57 $ le baril vendredi, en hausse par rapport à 72,48 $ le baril le 27 février, juste avant le début des hostilités entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part. Le pétrole a atteint un sommet à 119,50 $ le baril au cours du mois, son niveau le plus élevé depuis juin 2022, après que l’Iran a quasiment fermé le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz.

Les prix du brut américain ont également grimpé en mars ; le West Texas Intermediate a gagné 48 %, s’acheminant vers le mois le plus fort depuis mai 2020, lorsque la pandémie de Covid-19 perturbait l’économie mondiale.

Les cours du pétrole ont continué à grimper tout au long du mois malgré l’annonce d’une libération coordonnée de 400 millions de barils de pétrole provenant des réserves d’urgence, le 11 mars. Des analystes de BloombergNEF estiment que 9 millions de barils de pétrole par jour ont été réduits de l’offre mondiale à cause du conflit au Moyen-Orient.

Donald Trump a semblé perdre son influence sur les prix du pétrole alors que la guerre se poursuivait. Au début du mois, ses déclarations sur des avancées dans les négociations avaient contribué à faire baisser les cours, mais fin mars, son annonce d’une prolongation de 10 jours pour la réouverture du détroit d’Ormuz a été suivie d’une nouvelle hausse des prix du pétrole, alors que les marchés boursiers affichaient une tendance à la baisse.

Le pétrole a été l’actif le plus performant pendant un mois volatil pour les marchés, au cours duquel les actions, les prix des obligations gouvernementales et des métaux précieux ont tous chuté.

L’or, traditionnellement perçu comme une valeur refuge face à l’inflation, n’a pas réussi à répondre aux attentes. Son prix au comptant a chuté de près de 15 % depuis le début de mars, s’acheminant vers son pire mois depuis 2008, enregistrant la cinquième plus forte baisse mensuelle au cours des 50 dernières années.

Certaines investisseurs ont peut-être été contraints de vendre de l’or pour couvrir des pertes ou faire face à des appels de marge sur d’autres positions du marché.

De plus, la vente d’environ 3 milliards de dollars de lingots par la Banque centrale turque la semaine dernière a exercé une pression supplémentaire sur le marché de l’or. Elle a réduit ses réserves de près de 50 tonnes à 772 tonnes pour financer des efforts de stabilisation de la livre turque.

Les pertes sur Wall Street en mars ont également fait plonger l’indice Dow Jones dans une correction à la fin de la semaine dernière, chutant de plus de 10 % par rapport à son pic historique. Les actions ont reculé, malgré la dernière annonce de Trump sur des frappes prévues contre l’infrastructure énergétique de l’Iran, alors que les investisseurs anticipaient une perturbation prolongée du pétrole en provenance du Golfe.

« Les marchés semblent accorder moins d’importance aux déclarations du gouvernement et se concentrent davantage sur les risques d’approvisionnement sous-jacents », a commenté Fawad Razaqzada, analyste chez City Index.

Le marché boursier britannique a également connu un mauvais mois, l’indice FTSE 100 chutant de plus de 8 %, se dirigeant vers son pire mois depuis mars 2020, lors duquel la pandémie de Covid-19 avait ébranlé les marchés financiers. La plupart des gains réalisés en janvier et février ont été annihilés, le FTSE 100 clôturant la semaine dernière en dessous de 10 000 points.

Les obligations d’État britanniques ont également souffert en mars, alors que les traders ajustaient leurs prévisions concernant une éventuelle baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre cette année. Les prix des obligations ont chuté, entraînant une augmentation des rendements des obligations britanniques à 10 ans, qui ont crû de 17 % pour atteindre près de 5 %, représentant la plus forte hausse mensuelle des coûts d’emprunt depuis septembre 2022, lorsque le mini-budget de Liz Truss a provoqué une vente massive des obligations.

Les autres obligations d’État européennes ont également été touchées ; la dette italienne à deux ans s’acheminait vers son pire mois depuis mai 2018.

Modupe Adegbembo, économiste chez Jefferies, a souligné que les gouvernements européens partent d’une position fiscale nettement plus faible qu’en 2022, lors du dernier choc des prix de l’énergie, ce qui limite leurs capacités d’intervention fiscale à grande échelle. « Par conséquent, une plus grande part de l’ajustement risque de peser sur la demande », ce qui est défavorable aux perspectives de croissance, a ajouté Adegbembo.

Bon à Savoir

  • La hausse des prix du pétrole Brent pourrait entraîner des augmentations des coûts de l’énergie pour les consommateurs.
  • Les marchés financiers restent sensibles aux nouvelles géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient.
  • Les fluctuations des prix de l’or témoignent des tensions sur les marchés boursiers et de la recherche de valeurs refuges.
  • Les politiques monétaires des banques centrales, comme celle de la Banque d’Angleterre, continuent d’avoir un impact majeur sur les marchés obligataires.
  • Des changements économiques dans un pays peuvent avoir des ramifications globales, comme le montre le cas de la Turquie et son influence sur le marché de l’or.

Ce développement du marché énergétique interpelle sur notre dépendance aux ressources naturelles et remet en question la stabilité des systèmes économiques mondiaux. Alors que certains actifs, comme le pétrole, deviennent des refuges précieux dans l’incertitude, il est essentiel de réfléchir aux enjeux de durabilité, d’innovation et à l’impact des décisions politiques sur nos économies interconnectées. La quête d’un équilibre entre les besoins présentiels et les enjeux d’avenir s’avère donc plus cruciale que jamais.



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