MANGALURU, INDE – 5 SEPTEMBRE : Une vue générale montre une section de la raffinerie de Mangalore Refinery and Petrochemicals Limited (MRPL) le 5 septembre 2025 à Mangaluru, Inde. Les vastes complexes de raffinage de pétrole en Inde sont parmi les plus grands au monde, traitant des millions de barils de brut par jour pour répondre à la demande intérieure croissante et aux exportations.
En mars, les activités du secteur privé indien ont connu un ralentissement, atteignant leur niveau le plus bas depuis octobre 2022, en raison d’une demande intérieure affaiblie pour les biens et services, bien que les commandes internationales aient connu une forte hausse, selon l’indice PMI flash d’HSBC compilé par S&P Global.
Le PMI Composite flash d’HSBC pour l’Inde, qui mesure la variation mensuelle de la production combinée des secteurs manufacturier et des services, a diminué de 56,5 en mars par rapport à 58,9 en février, se situant en dessous de la médiane des prévisions du sondage Reuters de 59,0.
Un indice PMI supérieur à 50,0 indique une croissance, tandis qu’un chiffre en dessous de ce seuil indique une contraction.
Les entreprises interrogées ont signalé que la guerre au Moyen-Orient, des conditions de marché instables et des pressions inflationnistes ont “ralenti la croissance”, tandis que l’inflation des coûts atteint un niveau proche d’un pic de quatre ans, selon S&P Global.
L’activité industrielle en Inde a chuté à 53,8 contre 56,9 en février et reste en deçà des attentes du sondage, qui tablaient sur 56,8. En revanche, le secteur des services de la plus grande économie en forte croissance a atteint 57,2, sous le pronostic des analystes de 58,3.
La production a diminué le plus fortement parmi les producteurs de biens, qui attribuent la volatilité aux conflits au Moyen-Orient, à l’augmentation des coûts et à une demande plus faible.
La production industrielle est à son niveau le plus bas depuis août 2021, tandis que le secteur des services affiche sa croissance la plus lente depuis janvier 2025, en partie en raison des perturbations de voyage causées par les frappes militaires dans la région du Golfe.
Après avoir connu une reprise depuis le début de 2026, l’activité du secteur privé indien a été impactée par la guerre entre les États-Unis et Israël avec l’Iran.
“Une demande intérieure plus faible a pesé sur les nouvelles commandes, qui ont augmenté à leur rythme le plus lent depuis plus de trois ans, malgré une hausse record des nouvelles commandes à l’exportation,” a déclaré Pranjul Bhandari, économiste en chef pour l’Inde chez HSBC.
Elle a ajouté que les entreprises absorbent une partie de la hausse des coûts en réduisant leurs marges.
Lors d’une allocution au Parlement, le Premier ministre indien Narendra Modi a qualifié le conflit au Moyen-Orient d'”inquiétant”.
“Les conditions mondiales difficiles résultant de cette guerre risquent de perdurer longtemps,” a déclaré Modi, appelant les Indiens à “rester préparés et unis”, comme ils l’ont été pendant la pandémie de COVID-19.
L’Inde figure parmi les pays asiatiques particulièrement vulnérables aux retombées d’un conflit prolongé au Moyen-Orient, confrontée à une crise énergétique et à des perturbations des principales routes aériennes et commerciales.
La hausse des prix de l’énergie devrait également élargir le déficit du compte courant de l’Inde, ce qui a contribué à l’affaiblissement de la monnaie locale, le rupee atteignant des niveaux record récemment.
Le climat des affaires s’améliorait précédemment alors que l’Inde finalisait des accords commerciaux avec deux partenaires majeurs, les États-Unis et l’Union européenne, début de l’année. Le mois dernier, des entreprises privées en Inde ont enregistré une forte augmentation des nouvelles commandes et des ventes internationales, les incitant à embaucher davantage de personnel et à augmenter leur production, selon le rapport PMI d’HSBC publié le 20 février.
Bon à Savoir
- Le PMI (Purchasing Managers’ Index) est un indicateur clé de la santé économique, particulièrement pertinent dans le secteur manufacturier.
- Les tensions au Moyen-Orient ont des répercussions variées sur les marchés mondiaux, particulièrement en matière d’approvisionnement énergétique.
- Le climat des affaires en Inde est influencé par des facteurs tant internes qu’externes, ce qui rend son évolution particulièrement complexe.
- Les plans d’expansion des entreprises peuvent être affectés par des considérations économiques globales, telles que l’inflation et les prix de l’énergie.
La situation actuelle en Inde soulève des interrogations sur la résilience des économies face aux crises internationales. En quoi ces fluctuations de l’activité économique révèlent-elles notre dépendance aux événements extérieurs et comment les acteurs économiques peuvent-ils s’adapter à ces réalités changeantes ? Voilà une réflexion à mener pour mieux appréhender les défis de demain.