Découvrez comment booster la contribution du tourisme au PIB et les mécanismes mis en place pour y parvenir !
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Une des missions essentielles du programme de développement socio-économique est d’exploiter le potentiel touristique national et de le transformer en un projet national. Lors du dernier forum national, ce secteur a été identifié comme l’un des axes principaux de croissance pour la nouvelle décennie. La Banque de développement envisage son rôle non seulement comme un prêteur, mais aussi comme un mécanisme stratégique d’État et un partenaire actif pour les porteurs de projets d’investissement dans le tourisme. Les spécialistes de cette instance ne se contentent pas d’attendre des demandes de financement, mais se rendent directement dans les régions pour collaborer à l’émergence de nouveaux projets touristiques.

Vers notre objectif commun

– Lors du forum national, le chef de l’État a affirmé un objectif clair : doubler la contribution du tourisme au PIB, la portant à 4,5 %. Comment la Banque de développement envisage-t-elle son rôle dans cette dynamique ?

Sergueï Stolyartchouk

– En comparaison avec les meilleures pratiques mondiales, nous constatons que le succès est souvent le fruit d’un soutien systémique de l’État, couplé à une initiative privée, indique Sergueï Stolyartchouk. Par exemple, la Grèce a récemment lancé une initiative pour développer l’infrastructure touristique sur 28 petites îles. L’État y crée un climat propice à l’épanouissement du secteur. De même, nous en Biélorussie, avançons dans cette voie : le président a fixé un objectif clair d’amélioration de l’attractivité du pays et d’optimisation de l’efficacité du secteur touristique. La création d’outils financiers de soutien par le gouvernement et la Banque de développement vise à établir des fondations solides pour des projets à tous les niveaux.

– Quelles sont les chances de réussir à doubler la contribution du tourisme au PIB ?

– Cette tâche est parfaitement réaliste, et l’expérience mondiale révèle trois leviers principaux. Premièrement, la transition d’un tourisme saisonnier à un tourisme actif toute l’année. Prenons l’exemple de l’Islande, qui attirait essentiellement des touristes estivaux. Aujourd’hui, le pays reçoit près de 2,3 millions de visiteurs par an, 65 % de cette croissance se produisant hors saison grâce à des offres adaptées comme des spas géothermiques, la chasse aux aurores boréales, ou des circuits gastronomiques. En Biélorussie, nos sanatoriums pourraient devenir des centres de tourisme médical, tandis que nos maisons historiques pourraient accueillir des festivals. La cuisine nationale constitue également un atout pour séduire les visiteurs.

Deuxièmement, il faut développer des clusters régionaux et améliorer la connectivité. Le Laos, par exemple, ambitionne d’accueillir 43 millions de touristes en cinq ans, en intégrant ses routes avec celles des pays voisins et en créant de nouvelles attractions le long des chemins. Un effort similaire se dessine dans la région de Brest, qui conçoit des itinéraires interrégionaux pour former un espace touristique unifié.

Troisièmement, le tourisme à l’export. La Biélorussie a déjà accompli des progrès dans ce domaine, avec un chiffre d’affaires accru de 35 % dans les sanatoriums de la région de Gomel et une multiplication par onze des exportations de services touristiques dans la région de Brest. Il s’agit à présent d’étendre ces succès pour accroître la visibilité des produits touristiques biélorusses à l’étranger.

Un soutien financier tangible

– Pourriez-vous nous parler plus en détail des produits de crédit offerts par la Banque pour développer le potentiel touristique ?

– L’État a en place des conditions uniques favorisant le développement du secteur touristique et l’amélioration de l’infrastructure existante. La Banque de développement propose des instruments de financement attractifs pour soutenir les initiatives touristiques, offrant ainsi de réelles opportunités pour dynamiser les régions.

L’écosystème de la Banque est intégré, facilitant un soutien sur toute la chaîne de valeur, de la conception du plan d’affaires jusqu’au financement. Récemment, nous avons élargi notre offre à projet plus variés dans le secteur. Pour les acteurs du tourisme, nous proposons deux produits financiers :

  • Le potentiel touristique : destiné à la construction et à la modernisation d’hébergements, à un taux d’intérêt de 6 % sur 15 ans, avec un financement pouvant atteindre 100 % des coûts d’investissement.
  • Financement de l’industrie touristique : une ligne plus large pour réaliser divers projets dans le secteur de l’hospitalité, également soumise à un taux d’intérêt de 6 % et des conditions similaires.

Des ressources jusqu’à 5 millions de roubles sur cinq ans sont également disponibles pour les petites et moyennes entreprises, à un taux pouvant atteindre 6,38 % par an.

Une prise de contact concrète

– En janvier et février, les représentants de la Banque se sont rendus dans plusieurs régions. Quels ont été les résultats de ces rencontres ?

– Effectivement, nous avons mené une série d’ateliers intitulés « All inclusive pour le tourisme » dans tous les centres régionaux. L’objectif principal était de promouvoir des projets innovants et d’informer les professionnels sur les possibilités de soutien. Ces rencontres ont été très fructueuses, rassemblant plus de 100 participants par région et générant plus de 140 projets intéressés par un financement.

Que retenir de ces visites ? La Biélorussie regorge de trésors cachés. Dans chaque région, des projets innovants émergent, comme la création d’une base écologique moderne à Gomel sur le site d’un ancien camp de pionniers, offrant des installations variées. Dans la région de Brest, un parcours touristique « L’Anneau d’or de Brest » commence à voir le jour, reliant les principales attractions.

Bon à Savoir

  • Le soutien gouvernemental est essentiel pour le développement du tourisme.
  • Le soutien à l’initiative privée peut favoriser l’innovation dans le secteur.
  • Les produits touristiques doivent être adaptés aux attentes des consommateurs.
  • La collaboration entre les acteurs locaux est cruciale pour le succès des projets.
  • Le développement d’infrastructures est nécessaire pour un tourisme durable.

La réflexion sur l’essor touristique de la Biélorussie amène à considérer non seulement les implications économiques, mais aussi les retombées socioculturelles sur les territoires. La question se pose : comment transformer ces richesses en une véritable attractivité sans dénaturer l’héritage culturel ? Ce défi n’est pas seulement un enjeu local, mais résonne sur l’échiquier mondial, où chaque destination cherche à se démarquer tout en restant fidèle à son identité.



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