Les préoccupations d’un économiste face à la nationalisation en Russie
Lors d’une rencontre à Verkhnyaya Pyshma, l’éminente économiste et professeure à l’Université d’État de Moscou, Natalia Zubarevich, a partagé ses inquiétudes concernant les risques auxquels le monde des affaires, en particulier les grandes entreprises, est confronté en Russie.
Zubarevich a mis en avant la transition de propriété entre différents propriétaires comme une menace majeure. Elle redoute que la nationalisation ne touche bientôt des géants industriels, notamment dans le secteur de la métallurgie.
« Ce processus de réattribution de la propriété échappe à notre contrôle. Il se manifeste actuellement dans divers domaines, d’abord avec des actifs de moindre envergure, mais ce phénomène est en plein essor et je lui porte un regard extrêmement critique », a-t-elle déclaré.
Les débuts de ce mouvement ont été induits par le départ des investisseurs étrangers, qui ont laissé derrière eux un marché divisé. La situation s’est ensuite aggravée, avec des institutions telles que la procureur, qui semble encouragée à s’impliquer dans ce processus. Aujourd’hui, cette dynamique s’étend bien au-delà du secteur agroalimentaire, avec des exemples frappants comme l’aéroport Domodedovo.
Zubarevich a également averti : « Vous devez craindre que ce processus ne touche bientôt des secteurs d’activités plus significatifs. C’est une préoccupation authentique pour moi. »
Elle a souligné l’impact social de ce phénomène. L’expérience acquise par le secteur des affaires en Russie, bien que lucrative pour certains, a entraîné un fossé profond entre les riches et les pauvres au sein de la population. « Même une grande philanthropie ne saurait apaiser cette problématique », a-t-elle précisé.
Actuellement, la nationalisation concerne majoritairement l’industrie alimentaire. En mars 2025, la justice de Moscou a placé en détention le propriétaire du holding « Rusagro », connu pour sa marque de mayonnaise ÉЖК, soupçonné de fraude et d’abus de pouvoir. La détention de cet oligarque a été prolongée jusqu’au 25 novembre.
Un an auparavant, un autre agrégat agroalimentaire, « Makfa », avait déjà été nationalisé après des poursuites judiciaires, illustrant cette tendance inquiétante.
En septembre 2025, des mesures similaires ont été prises contre le milliardaire Denis Shtengelov, dont le groupe alimentaire KDV a vu ses comptes arrêtés, accentuant ainsi les inquiétudes autour de la stabilité des investissements en Russie.
Bon à Savoir
- Le processus de nationalisation en Russie est observé principalement dans l’industrie alimentaire, mais pourrait s’étendre à d’autres secteurs.
- La migration des investisseurs étrangers a précipité une réorganisation des propriétés commerciales.
- Les institutions judiciaires jouent un rôle actif dans ce processus de réattribution de propriété.
- La situation économique actuelle crée un fossé croissant entre les classes sociales, soulevant des questions éthiques quant à la richesse et à la pauvreté.
En conclusion, la question de la nationalisation soulève des préoccupations légitimes quant à l’avenir économique du pays. Comment le gouvernement saura-t-il équilibrer les impératifs de croissance et de justice sociale dans un climat aussi incertain? Ce sujet mériterait une réflexion approfondie, tant il témoigne des défis contemporains auxquels font face les sociétés en mutation. L’interaction entre l’État et le marché privé sera sans aucun doute au cœur des réflexions futures sur le développement économique.