L’année a été particulièrement difficile pour les agriculteurs ukrainiens, entraînant une hausse des prix alimentaires et mettant à mal des ménages déjà éprouvés par la guerre déclenchée par la Russie.
En l’espace d’un an, des vagues de chaleur extrême, des températures glaciales, des sécheresses et des pluies torrentielles ont ravagé les récoltes et retardé les semis, créant des conditions de culture hostile. Ces défis aggravent la réalité déjà précaire des agriculteurs ukrainiens, obligés de faire face à des champs contaminés, des munitions non explosées et la menace constante d’attaques russes.
Dans sa dernière revue économique mensuelle, le Centre de stratégie économique de Kyiv a identifié le changement climatique comme l’un des trois défis majeurs auxquels sont confrontés les agriculteurs cette année.
En Ukraine, la culture des plantes se fait tout au long de l’année, y compris pour le blé d’hiver, essentiel mais nécessitant un climat froid et stable pendant une période de six mois. Cependant, janvier a été chaud et sec, tandis qu’en mai, le gel et la pluie ont affecté les cultures. En juillet, alors que la saison des récoltes débutait, des averses torrentielles ont détruit les récoltes.
La destruction des cultures impacte directement les consommateurs. Selon les analystes du CES, l’inflation des prix alimentaires est “particulièrement lourde pour les ménages vivant au jour le jour”, c’est-à-dire ceux qui n’ont que peu de moyens après avoir acheté leur nourriture, un état qui concerne la plupart des foyers en Ukraine.
Le changement climatique n’est qu’un aspect du problème, la guerre reste le principal défi pour ces agriculteurs, selon le CES.
Trois ans après la libération de certaines parties de l’oblast de Kherson, le pays subit toujours les effets du matériel volé, des terres minées et des infrastructures détruites. Bien que Kherson soit à nouveau sous contrôle gouvernemental, un cinquième du pays est occupé par la Russie, incluant des terres agricoles cruciales.

Le troisième défi pour les agriculteurs mentionné par les économistes est la préparation à rejoindre l’UE. Bien que cela puisse prendre jusqu’en 2035, l’adaptation aux normes européennes est déjà en cours, ce qui peut s’avérer complexe et coûteux pour les entreprises.
La situation est d’autant plus “douloureuse” depuis que l’UE a mis fin à un accord de libre-échange spécial en temps de guerre, a déclaré l’économiste Iana Okhrimenko lors d’un événement organisé par le CES pour présenter sa revue mensuelle. Cependant, elle a précisé que le régime commercial actuel est encore meilleur que celui des années 2010, rendant la situation non “catastrophique”.
Lors de la conférence mondiale sur les grains à Genève plus tôt ce mois-ci, les délégués ukrainiens ont fait état d’une année difficile, aggravée par des coupures de courant. Celles-ci compliquent encore le séchage, le traitement et le transport des cultures, alors même que l’Ukraine continue de jouer un rôle essentiel sur les marchés internationaux et dans l’aide alimentaire.
Les défis étaient visibles même loin des champs. Alors qu’un intervenant prenait la parole, une coupure de courant plongea la salle dans l’obscurité. Une pause, un commentaire amusé, et le débat économique se poursuivit.
Bon à Savoir
- La production agricole ukrainienne est cruciale pour le marché mondial, surtout en période de crise alimentaire.
- Une partie significative des exploitations agricoles reste sous contrôle russe, compliquant les efforts de relèvement.
- Les agriculteurs doivent faire face à des changements climatiques de plus en plus fréquents, affectant leur capacité de production.
- La préparation à l’adhésion à l’UE implique des investissements lourds en matière de conformité aux normes.
- Les coupures de courant affectent non seulement les serres mais aussi les échanges commerciaux, en augmente les coûts.
En somme, la situation en Ukraine nous pousse à réfléchir sur la résilience des économies face aux crises multiples. Les agriculteurs, véritables piliers de la société, doivent naviguer entre des contraintes environnementales et géopolitiques. Cela soulève des questions essentielles sur notre manière de soutenir les systèmes agricoles fragiles, à une époque où la sécurité alimentaire prend une importance capitale. Comment ces défis pourraient-ils redéfinir les politiques agricoles dans le monde entier ?