Pourquoi l'or perd-il de son éclat à cause de la guerre ? Trois semaines de tumulte pour le refuge doré !
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L’or a longtemps été considéré comme la référence ultime en matière de valeur. Historiquement, ce métal précieux a servi de monnaie en raison de sa durabilité et de sa rareté, particulièrement dans des périodes d’incertitude. Dans cette perspective, le pétrole, souvent désigné comme “l’or noir”, n’a commencé à gagner en importance qu’à partir du milieu du XIXe siècle, lorsque les États-Unis ont commencé à l’extraire en grande quantité. Cependant, les récents événements en Iran ont bouleversé cet équilibre, remettant en question la signification de cette expression centenaire.

Depuis que la Garde révolutionnaire iranienne a réagi aux attaques des États-Unis et d’Israël en fermant le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz, le prix du brut a bondi de 50 %. En revanche, l’or, historiquement perçu comme une valeur refuge, a chuté de 13 % pour descendre sous les 4 600 dollars l’once.

La bonanza du oro empieza a ceder en los últimos meses (Líneas)

Selon Lawson Winder, analyste chez Bank of America, “L’or a souffert depuis le début de la guerre en Iran, les investisseurs recherchant des liquidités à cause de la chute des marchés boursiers mondiaux, ce qui empêche le métal de profiter des tensions géopolitiques.”

Cette dynamique est particulièrement visible dans les fonds négociés en bourse (ETF) adossés à l’or, qui ont gagné en popularité ces dernières années. Ces ETF permettent d’investir dans l’or sans acheter de lingots, mais l’exposition spéculative a provoqué une sortie de capitaux face aux signes de risque, un phénomène surprenant pour un actif traditionnellement considéré comme sûr.

Líneas

Avec les bourses en déclin — les indices aux États-Unis et en Europe ayant subi une perte d’environ 5 % dans les deux premières semaines de la guerre — de nombreux investisseurs ont commencé à retirer des fonds de ces ETF pour couvrir leurs pertes, entraînant ainsi une vente de réserves d’or et un impact sur sa valeur.

Depuis le début du conflit, les ETF ont vendu plus de 1 000 millions d’onces d’or, soit environ 1,5 % de leurs avoirs, un volume non observé depuis novembre dernier. Malgré cette volatilité accrue, certains experts restent optimistes quant à la solidité des fondamentaux économiques.

En effet, la prévision du marché sur l’or semble évoluer. Avant la guerre, les analystes anticipaient une hausse d’environ 4,5 % d’ici 2026 ; cette prévision a depuis été réajustée à plus de 5,5 %.

Los analistas, optimistas con el oro y pesimistas con la plata (Gráfico de barras)

Les analystes de la banque UBS soulignent que l’or servira davantage de couverture contre les impacts économiques plus larges des conflits, tels que la dévaluation des devises et les ralentissements économiques, plutôt que de répondre directement aux menaces de guerre. Ils recommandent d’intégrer une certaine allocation d’or dans les portefeuilles d’investissement.

L’or face au dollar

La trajectoire de l’or est désormais intimement liée à celle du dollar américain, qui a depuis longtemps supplanté l’or dans la politique monétaire internationale. Daniel Ghali, stratège de matières premières, note que “le dollar a été le refuge ultime durant ce conflit, ce qui nuit à l’or”. Cette devise a connu un renforcement de 2 % par rapport à un panier de devises globales, en partie en raison du fait que le commerce pétrolier se fait en dollars.

Au cours de l’année précédente, le dollar avait toutefois chuté de 10 %, mais la rigidité des taux d’intérêt par la Réserve fédérale, malgré les pressions politiques, a renforcé sa position. Les attentes inflationnistes dues à la hausse des prix des matières premières compliquent encore davantage la situation pour l’or.

Si l’inflation augmente de manière significative, les taux d’intérêt pourraient être relevés, ce qui affecterait la compétitivité de l’or face aux obligations américaines. Ce contexte pourrait ne pas être favorable à une reprise de l’or, déjà entré dans un cycle de volatilité après une période de forte revalorisation.

Une quête pour le refuge

Dans les incertitudes, les investisseurs cherchent à déplacer leur confiance vers des actifs stables. Dernièrement, l’intérêt pour d’autres métaux précieux, comme l’argent, a également augmenté. Cet intérêt pourrait cependant être trompeur, car bien que l’argent ait connu une hausse initiale, il a subi une chute de 20 % depuis le début du conflit iranien. Cela soulève des questions sur sa fiabilité par rapport à l’or, qui bénéficie d’une demande structurelle plus solide à travers les banques centrales.

En résumé, les marchés financiers, marqués par l’imprévu, font aussi ressortir une réalité : l’or, malgré ses fluctuations, demeure un actif clé, tandis que des métaux moins ancrés dans la tradition financière peuvent s’avérer plus instables.

Bon à Savoir

  • L’or reste une valeur refuge prisée dans les périodes d’incertitude économique.
  • Les ETF d’or permettent d’investir sans achat physique mais comportent des risques de liquidité.
  • Les tensions géopolitiques peuvent influencer significativement le marché des matières premières.
  • Le dollar américain joue un rôle clé dans la détermination de la valeur de l’or.
  • La diversification des investissements peut réduire les risques associés à un seul actif comme l’or.

Pour l’investisseur avisé, la fluctuation des prix de l’or et d’autres métaux précieux soulève une question importante : comment établir un équilibre entre sécurité et opportunité ? En effet, les événements mondiaux récents montrent que le marché des métaux précieux peut être aussi imprévisible qu’il est attrayant. L’avenir du métal jaune demeure incertain, et il semble essentiel de prendre en compte les dynamiques économiques et politiques pour naviguer au sein de cet environnement complexe.



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