En décembre dernier, le représentant du commerce des États-Unis, Jamieson Greer, a proclamé 2025 comme l’« Année des Tarifs ». Son leadership continu pourrait faire de 2026 l’« Année du Commerce Numérique ». Investir dans cette voie serait un atout majeur pour la sécurité économique et nationale des États-Unis.
Quand Caterpillar offre des services de diagnostic d’équipement basés sur le cloud à une entreprise minière en Australie, il s’agit de commerce numérique. Lorsque des agriculteurs du Midwest utilisent la plateforme d’agriculture de précision alimentée par l’IA de John Deere pour vendre leur grain récolté avec précision à des clients au Japon, c’est également du commerce numérique. Et lorsque des personnes utilisent Zoom pour faire des affaires à l’international — que ce soit Coursera pour des étudiants en Inde, des médecins de la Cleveland Clinic soignant des patients au Moyen-Orient, ou American Woodmark vendant des armoires fabriquées aux États-Unis à des clients mondiaux — cela constitue aussi du commerce numérique.
Ce commerce numérique permet aux entreprises et aux travailleurs américains d’atteindre 96 % des consommateurs du monde vivant en dehors de nos frontières. Notre excédent commercial de 282 milliards de dollars dans les services livrés numériquement en est un témoignage. Étonnamment, les impacts les plus profonds du commerce numérique se ressentent en dehors du secteur technologique, influençant l’industrie manufacturière, l’agriculture, la santé, les services financiers et le divertissement. Pour les petites entreprises, cela représente un changement significatif, leur permettant de faire de la publicité, d’exécuter des paiements et de gérer la logistique douanière avec l’agilité des grandes entreprises. À l’heure actuelle, alors que nous cherchons à augmenter l’accessibilité, promouvoir la fabrication et créer de bons emplois de classe moyenne, le commerce numérique apparaît comme une évidence.
Les avantages ne s’arrêtent pas là. En renforçant notre puissance économique, le commerce numérique soutient notre position technologique et améliore notre sécurité nationale. Les entreprises américaines qui font davantage d’affaires à l’étranger peuvent investir davantage dans la recherche et le développement de pointe — notamment dans les semi-conducteurs avancés, les matériaux hypersoniques et la biologie synthétique. Par ailleurs, le soutien du gouvernement américain au commerce numérique aide à empêcher d’autres gouvernements d’obliger les entreprises américaines à partager leur précieuse propriété intellectuelle. Enfin, les flux de données transfrontaliers permettent à l’industrie et au gouvernement de mieux partager des informations concernant — et ainsi prévenir — des activités financières suspectes liées au terrorisme, des cyberattaques ou des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
Depuis des décennies, les États-Unis ont été un défenseur indéfectible de règles solides sur le commerce numérique. Ce leadership a permis aux entreprises américaines de concurrencer sur les marchés internationaux, malgré les pressions de nombreux gouvernements pour qu’elles utilisent des centres de données locaux ou transfèrent leur propriété intellectuelle en contrepartie de l’accès au marché. Cependant, en octobre 2023, l’administration Biden a retiré le soutien américain aux principes fondamentaux du commerce numérique à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : (1) la libre circulation des données transfrontalières ; (2) l’interdiction des exigences de « localisation des données » ; et (3) la protection contre la divulgation forcée de code source. Cette décision, bien que bien intentionnée, semble à court terme et a permis à de nombreux pays d’imposer des restrictions supplémentaires sur le commerce numérique.
Pour restaurer un leadership solide des États-Unis en matière de commerce numérique, l’administration Trump et le Congrès doivent prendre des mesures audacieuses, bipartites et urgentes :
Tout d’abord, réaffirmer le leadership américain. L’administration devrait publiquement réadopter la position américaine de longue date soutenant des protections fondamentales du commerce numérique. Cela enverrait un message fort sur l’intention des États-Unis de définir les règles du commerce numérique et de soutenir les entreprises et les travailleurs américains dans leur compétition internationale.
Ensuite, prendre des mesures législatives bipartites au Congrès. Plusieurs membres du Congrès ont été des défenseurs constants de règles robustes concernant le commerce numérique. Les représentants Suzan DelBene (D-WA) et Darin LaHood (R-IL) co-président le Caucus du Commerce Numérique depuis plusieurs années, travaillant ensemble pour contrer les pratiques commerciales numériques injustes. Les sénateurs Todd Young (R-IN), Chris Coons (D-DE), Jerry Moran (R-KS) et Michael Bennet (D-CO) ont récemment introduit le Digital Trade Promotion Act, qui permettrait au président de négocier des accords commerciaux numériques de haute qualité. Le Congrès devrait agir rapidement pour faire passer cette législation et l’envoyer sur le bureau du président.
Troisièmement, viser des accords de commerce numérique de « norme d’or ». La première administration Trump a fait des progrès importants dans le domaine du commerce numérique, en concluant des accords de haute qualité avec le Japon, le Canada et le Mexique. La seconde administration Trump devrait négocier rapidement des accords avec d’autres alliés et partenaires, comme l’Australie, la Corée du Sud et le Royaume-Uni.
Enfin, lutter contre les pratiques commerciales numériques injustes. Les États-Unis devraient dissuader plus vigoureusement d’autres pays de restreindre le commerce numérique. Cela inclut l’éventualité d’utiliser les lois commerciales américaines pour résister aux taxes sur les services numériques (DST) que des pays comme le Canada, la France et l’Inde ont imposées aux entreprises technologiques américaines. Cela implique aussi de rendre le « moratoire sur les droits de douane sur les transmissions électroniques » à l’OMC permanent, afin que les entreprises américaines aient la certitude que leurs exportations numériques ne seront pas taxées lors de leur franchissement des frontières.
Le commerce numérique est essentiel à notre compétitivité économique, à notre leadership technologique et à notre sécurité nationale. Il est maintenant temps de rétablir le leadership américain sur ce sujet à l’échelle mondiale.
Bon à Savoir
- Le commerce numérique contribue de manière significative à la croissance économique des pays.
- Il est crucial pour les petites entreprises qui souhaitent s’internationaliser.
- La protection de la propriété intellectuelle est fondamentale dans les accords de commerce numérique.
- Des flux de données fluides favorisent l’innovation et la collaboration entre industries.
- Les avancées technologiques peuvent renforcer la compétitivité sur le marché mondial.
En somme, la question du commerce numérique ouvre un large débat sur notre monde interconnecté. Alors que les échanges prennent une dimension nouvelle, il est essentiel de réfléchir aux mécanismes qui nous permettront de naviguer dans cet écosystème tout en préservant les intérêts économiques et la sécurité de chaque nation. L’avenir du commerce dépendra donc de notre capacité à équilibrer innovation, sécurité et équité dans nos relations commerciales.