Le privilège de tout faire dans son village !
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Le monde rural regorge d’opportunités concrètes pour le développement professionnel et l’entrepreneuriat. C’est l’idée maîtresse qui soutient le programme Relevo Codés, une initiative née sous l’égide de Tejiendo Caminos. Ce projet, qui s’étend sur plusieurs communes, vise à unir quinze localités de la Sierra de Codés pour aborder ensemble les défis de la désertification et d’autres enjeux structurels touchant la région.

« Relevo Codés est une réponse directe aux problèmes démographiques auxquels la région fait face : population vieillissante, manque de relève dans les métiers et besoin de renforcer le tissu entrepreneurial. Face à cette réalité, le programme se positionne comme un outil pour attirer des talents, promouvoir la professionnalisation et favoriser l’attachement des personnes souhaitant construire une vie dans un cadre rural », expliquent les porteurs du projet.

Les participants au programme intensif de Relevo Codés, destiné aux jeunes de 18 à 40 ans, se retrouveront du lundi 24 au jeudi 28 dans le Santuaire de Nuestra Señora de Codés, où ils partageront un espace d’apprentissage et d’expériences. Ce programme de cinq jours alliera ateliers pratiques, sessions formatives, mentorat spécialisé et visites de projets réels liés à l’artisanat et aux traditions locales, offrant ainsi aux participants des perspectives directes sur les modèles économiques de la région.

« Avec cette initiative, la Sierra de Codés souhaite démontrer que la région conserve des traditions et une richesse culturelle, mais qu’elle est également un terreau pour l’innovation, la création d’emplois et le développement de nouveaux projets avec un impact social », affirment les responsables de Tejiendo Caminos. Ils soulignent même que le projet a permis d’établir un nouveau modèle de collaboration, ouvert, participatif et efficace.

Cette approche novatrice se traduit par des initiatives qui transforment la dynamique de la Sierra de Codés. Parmi les axes stratégiques fondamentaux, le tourisme durable, qui a permis le développement d’une marque touristique commune, se distingue particulièrement. De plus, une Office de Repoblación a été mise en place, fournissant un service essentiel pour favoriser l’accès au logement et aider ceux qui souhaitent s’installer dans la région, tout en récupérant des habitations vacantes.

« Les métiers établis ne doivent pas disparaître »

Un simple chemin dans la forêt et un café pris après coup ont été, sans le savoir, le point de départ d’une nouvelle vie pour Aziza Puch Rubio. Cette femme, originaire de Madrid, vit depuis 40 ans dans ce petit village de la Sierra de Codés.

Elle s’y est installée avec son mari et leur petit garçon, après avoir enseigné la céramique à Logroño. Suite à la naissance de son premier enfant, la famille a cherché un nouveau domicile.

À Meano, où elle a eu trois autres enfants, sa vie a basculé lorsque son mari est décédé d’un cancer à la suite d’un diagnostic fulgurant. « En quelques mois, tout a changé », se souvient-elle.

Durant cette période difficile, ses amies l’ont initiée à la peinture sur soie, une activité qu’elle a d’abord abordée avec réticence, mais qui s’est avérée être une échappatoire précieuse. Après la perte de son mari, elle a dû apprendre un métier pour subvenir aux besoins de ses quatre enfants et s’est formée comme plombière.

Avec le temps, elle est revenue à l’art grâce à un projet de la municipalité de Pampelune, retrouvant ainsi une vocation qui n’avait jamais disparaître. Aziza a pu faire vivre sa famille grâce aux commandes reçues et a toujours travaillé depuis son atelier à Meano. « Pouvoir travailler et vivre ici, c’est un luxe », affirme-t-elle. Cependant, la pandémie a contraint de nombreuses personnes à explorer de nouvelles opportunités.

Bien que le commerce de la soie peinte ne soit pas l’activité la plus essentielle, elle tente de proposer de nouveaux services, tels que des ateliers et des événements. « Il est crucial de continuer à générer de l’activité dans les villages », souligne-t-elle.

Elle encourage ceux qui envisagent de se lancer dans un projet entrepreneurial à le faire dans un cadre rural comme la Sierra de Codés. « Les métiers de ce territoire doivent être préservés, car ils peuvent ne jamais revenir. Assurer une relève est essentiel. Ici, le rythme de vie est différent, mais cela n’est pas négatif. La qualité de vie est bien réelle », déclare-t-elle.

« Mettre les villages à l’honneur, c’est créer des communautés »

Marcos Cadarso Sánchez a grandi parmi les vignes et aujourd’hui, à 24 ans, il y travaille encore. Dès son enfance, il envisageait son avenir dans ses vignes à Aras, un petit village de la Sierra de Codés. Après des études en ingénierie agricole à La Rioja, il a poursuivi un master à Madrid, avant de revenir au bercail pour succéder à son père à la tête de la cave familiale.

La cave, fondée en 1999 par son père, s’inscrit dans une lignée de viticulteurs où Marcos est la cinquième ou sixième génération. Grâce à sa formation, il introduit des outils modernes dans le travail agricole, tels que l’utilisation de drones pour optimiser les opérations viticoles.

Cette technologie permet de réduire le temps de travail et d’accomplir en trois jours ce qui nécessitait auparavant une semaine. Cette transition vers des méthodes innovantes s’accompagne d’une nouvelle initiative : l’ouverture d’une expérience en oenotourisme. La famille a restauré une glacière du XVIIe siècle pour la conservation du vin, où ils prévoient d’organiser des dégustations.

Marcos, qui a fait le choix de rester dans son village et de poursuivre l’activité familiale, constate que valoriser les villages est primordial. « Vivre en communauté ici est précieux. J’ai passé deux ans à Madrid, où tout était accessible, mais j’avais hâte de revenir. Les distances sont plus courtes qu’on ne le pense », conclut-il.

Bon à Savoir

  • Le programme Relevo Codés se concentre sur la revitalisation des zones rurales pour attirer des talents.
  • Il s’adresse particulièrement aux jeunes, avec des activités interdisciplinaires favorisant l’apprentissage pratique.
  • La combinaison de tradition et d’innovation est essentielle pour le développement d’activités entrepreneuriales locales.
  • Le soutien et les réseaux communautaires jouent un rôle clé dans la pérennité des métiers dans les villages.
  • La valorisation du patrimoine local, comme le viticulture, contribue à l’économie régionale.

La discussion sur l’avenir des zones rurales ne doit pas s’arrêter à la simple préservation des savoir-faire. Elle ouvre la voie vers une réflexion plus approfondie sur notre rapport à l’espace, à la communauté et à notre héritage culturel. L’avenir des villages ne réside pas seulement dans leur survie, mais dans leur capacité à s’adapter et à se réinventer face aux défis contemporains. Que signifie vraiment « vivre » dans ces espaces ? C’est sans doute la question la plus cruciale à explorer pour tous ceux qui souhaitent s’y engager.



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