Les clés du financement pour les entrepreneurs
Lors de la deuxième journée de l’EtM Day 2025, un panel intitulé « Sources de financement pour le développement entrepreneurial » a mis en lumière les défis récurrents auxquels sont confrontés les entrepreneurs, ainsi que les critères d’évaluation des investisseurs. Ce débat a réuni des experts du domaine financier tels qu’Andrés Pesce de Kayyak Ventures, Ana Bocic de BancoEstado, Federico Iriberry de Broota, Paula Enei de Platanus Ventures et Tina Rosenfeld, investisseuse ange, sous la modération de Cristián Montoya de la Fundación Chile.
Un constat commun émerge de ces échanges : il existe souvent un fossé entre les attentes des entrepreneurs et les critères réels des investisseurs. Federico Iriberry a souligné deux erreurs fréquentes : des valorisations injustifiées et un manque de clarté concernant l’utilisation des fonds. Il a ainsi noté que de nombreux entrepreneurs estiment leur société valoir des millions, souvent par mimétisme, sans véritable justifications. En période d’incertitude, il a averti que « si une startup ne lève rien, elle vaut zéro ».
Le second écueil mentionné est le manque de vision sur l’utilisation des capitaux pour la croissance. Selon Iriberry, « mettre de l’essence dans une voiture n’en accélère pas la vitesse ». Les investisseurs cherchent à comprendre comment les entrepreneurs prévoient de faire croître leur activité.
Paula Enei a également noté qu’il est fréquent que les fondateurs confondent les startups avec les PME technologiques, ce qui engendre des déceptions. « Les PME ne sont pas obligées de céder leur entreprise à un investisseur, tandis qu’une startup a pour objectif de se développer et de conquérir de vastes marchés », a-t-elle précisé. Elle a aussi mentionné que donner des parts de l’entreprise ne devrait pas être considéré comme un succès si le potentiel de retour sur investissement n’est pas réel.
Andrés Pesce a ajouté que de nombreux fautes se produisent avant même d’aborder les investisseurs, comme la recherche de financement sans certitude quant à sa nécessité ou la présentation d’un projet qui ne valorise pas correctement l’entreprise. Pour les investisseurs, cela constitue un signal d’alarme. Des entreprises prometteuses peuvent devenir des investissements risqués si leur valeur n’est pas bien articulée.
Avec une pointe d’ironie, Pesce a posé une question essentielle aux entrepreneurs : « Pourquoi souhaitez-vous faire cela et quel est l’objectif d’un apport financier ? »
Ana Bocic a quant à elle évoqué l’importance de l’analyse financière : « Comprendre d’où proviendront les revenus pour couvrir les dettes est primordial, tout comme avoir des prévisions financières solides ». Tina Rosenfeld a souligné une erreur persistante : la confusion entre passion et réelles opportunités de marché. Elle a mis en garde que certains fondateurs, bien que compétents sur leur produit, manquent parfois de vision sur le marché potentiel de celui-ci.
Bon à Savoir
- Les valorisations élevées sans justification peuvent nuire à la crédibilité d’une startup.
- La clarté sur l’utilisation des fonds est cruciale pour susciter l’intérêt des investisseurs.
- La confusion entre startup et PME peut créer des attentes irréalistes et frustrantes.
- Une analyse financière solide est essentielle pour garantir la viabilité d’une entreprise.
- Il est important de comprendre le marché avant de se lancer dans la création de produits.
Dans un monde entrepreneurial en constante évolution, il est pertinent de réfléchir sur les motivations qui sous-tendent la création d’une entreprise. Quelle est la finalité d’une startup ? Est-ce simplement la quête de profit ou le désir de créer un impact durable ? Chaque entrepreneur doit s’interroger sur ses véritables objectifs pour naviguer efficacement dans cette aventure complexe. La balance entre passion et pragmatisme est un exercice délicat, mais essentiel pour transformer des idées en réussites tangibles.