Qu’est-ce qui distingue les familles riches de celles qui ne le sont pas ? Plus précisément, qu’est-ce qui fait que certaines familles parviennent à conserver leur richesse au fil du temps, tandis que d’autres la perdent ? Les membres des familles prospères affirment souvent que certaines d’entre elles ont su faire preuve d’une intelligence supérieure. Cela soulève cependant une question cruciale : cette intelligence est-elle innée, ou bien ces familles ont-elles réussi à bâtir une intelligence collective ?
Dans le dernier rapport 2025 du STEP Project Global Consortium et de KPMG Private Enterprise, qui analyse les données de 2 683 entreprises dans plus de 80 pays, il s’avère que 67 % des entreprises les plus performantes disposent de conseils d’administration formels, soit 10 % de plus que la moyenne.
En examinant la définition du succès pour ces familles d’entrepreneurs, trois grands thèmes émergent : un engagement fort à préserver l’identité, un souci des valeurs et un développement conscient du but familial. Il est ainsi noté que 46 % des répondants affichent des niveaux élevés d’entrepreneuriat transgénérationnel, soit 43 % au-dessus de la moyenne mondiale.
Par ailleurs, deux préoccupations gagnent chaque année en importance chez les familles riches : la responsabilité sociale et la protection de l’environnement. On remarque que 48 % mettent en place des indicateurs de durabilité, et 70 % d’entre elles disposent de conseils formels pour traiter ces enjeux.
Le dénominateur commun des familles prospères réside dans la nécessité de gérer de manière équilibrée trois dimensions essentielles :
- La transparence au sein de la famille.
- L’esprit d’entrepreneuriat de ses membres.
- Une gouvernance politique de la famille et de l’entreprise, exercée de façon professionnelle.
Dans l’Association des Directoires Associés, les entrepreneurs de PME gèrent ces trois aspects en brisant l’isolement décisionnel, en intégrant un réseau de 160 entrepreneurs confrontés aux mêmes défis. Au sein d’Adiras, ces professionnels sont à la fois mis au défi et soutenus par des groupes de six directeurs, avec un facilitateur qui encourage la réflexion périodique et l’apprentissage continu, permettant ainsi aux entrepreneurs de mieux gérer les comportements et les attitudes des personnes à pouvoir dans leur entreprise et leur famille.
Gérer les familles avec le même sérieux que celui qu’un entrepreneur applique à son entreprise est au cœur de la pratique du Family Office, que peuvent adopter les PME. Les familles riches le comprennent bien ; c’est une approche coutumière parmi ces groupes économiques. Ils évaluent régulièrement leurs résultats, tout comme vous le feriez pour votre entreprise, en s’interrogeant sur les succès et les échecs. Les leaders de ces familles analysent les comportements, attitudes et besoins de chaque membre, afin d’élaborer ensuite une stratégie qui maximise les intérêts de tous, dans une optique de pérennité de la richesse pour les générations futures.
La gestion de la justice et de la transparence
La transparence familiale est un aspect central que les PME peuvent appliquer à partir du modèle du Family Office. Chaque famille doit définir et communiquer clairement ce qu’elle entend par justice, quelles sont les démarches équitables et comment gérer avec prudence. Le leader doit être conscient de sa responsabilité face à la continuité générationnelle :
- Transmettre une richesse accrue.
- Instaurer de meilleures valeurs.
- Renforcer l’unité au sein de la famille.
Si ces objectifs ne sont pas atteints, le leader échoue dans sa mission, car la famille pourrait se désintégrer sans une gestion appropriée en l’absence de son leader.