La fondatrice d'une entreprise à 100 millions de dollars ne déconnecte jamais, mais inspire son équipe à trouver l'équilibre entre vie pro et perso : "Ils ne sont pas devenus entrepreneurs pour ça !"
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Les entrepreneurs rencontrent souvent des difficultés à se détacher de leur travail, surtout lorsque leur entreprise repose sur leurs épaules. La notion d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle suscite des débats intenses parmi ces leaders, qui se demandent s’il est réellement possible d’allier la gestion d’une entreprise à plusieurs millions de dollars et des moments de repos bien mérités. Nicole Bernard Dawes, fondatrice à deux reprises, prône fortement le fait de se déconnecter du travail, mais uniquement pour ses employés.

« Je pense que je suis un peu hypocrite, car je ne me déconnecte jamais », confie Dawes. « Je ne veux pas être celle qui retient un membre de notre équipe. » Bien qu’elle encourage ses collaborateurs à se déconnecter totalement une fois qu’ils ont quitté le bureau, elle ne s’accorde pas la même marge de manœuvre. Après avoir mené deux entreprises vers le succès, elle s’est accoutumée à rester disponible pendant des décennies. Dawes a créé sa marque de chips tortilla biologiques et sans OGM, Late July, en 2003, qui se retrouve désormais dans les rayons de grandes enseignes comme Target, Whole Foods, Kroger et Walmart. Campbell’s a acquis une participation majoritaire dans l’entreprise en 2014, puis a racheté le reste de cette société évaluée à 100 millions de dollars en 2017. En 2018, Dawes est entrée sur le marché des boissons avec Nixie, une ligne de sodas sans sucre et respectueuse de l’environnement, qui a levé 27 millions de dollars cette année, avec des produits disponibles dans plus de 11 000 grandes surfaces.

Avec plus de vingt ans d’expérience entrepreneuriale à son actif, Dawes a affronté des crises économiques et de nombreuses nuits blanches. Pourtant, les défis ne l’ont pas dissuadée de revenir dans le monde des startups avec Nixie. Ayant grandi dans un environnement entrepreneurial, elle ne se laisse pas facilement décourager. Elle précise toutefois qu’elle ne souhaite pas que son travail überschorde la vie de ses employés.

« Je me suis engagée dans cette voie. Je suis l’entrepreneure, c’est une situation auto-infligée. Mes employés n’ont pas choisi d’être entrepreneurs », affirme Dawes. « Je suis à l’aise avec le temps de pause, tout en veillant à rester disponible. »

Dawes affirme que ne jamais se déconnecter fait partie de sa vie

De nombreuses personnalités, comme Sergey Brin, co-fondateur de Google, s’attendent à ce que leurs employés soient engagés au-delà des horaires de travail classiques. Cependant, Dawes ne demande pas à son équipe d’adhérer à la même éthique de travail acharnée que les entrepreneurs qui se glorifient de ne pas avoir de vie personnelle.

« Je pense que ce qui distingue beaucoup de dirigeants, c’est l’extension de cette pression à leur équipe. Je crois fermement qu’elle ne devrait pas s’appliquer à eux », explique Dawes. Pour elle, il est important d’être présent pour ses enfants et d’encourager son équipe à faire de même.

Dawes a été témoin des pièges de l’entrepreneuriat dès son enfance, en travaillant dans le magasin de produits de santé de sa mère et en évoluant dans l’empire des snacks de son père, qui valait 4,87 milliards de dollars : Cape Cod Chips. Elle connaît bien les sacrifices que nécessite une vie d’entrepreneur. « Quand vous choisissez d’être entrepreneur, beaucoup de gens disent que c’est stressant et solitaire. C’est vrai, mais j’ai eu la chance de grandir dans ce milieu, donc je savais exactement à quoi m’attendre », raconte-t-elle. « C’est pourquoi il est crucial d’avoir une passion pour sa mission et ses produits. Il faut être prêt à faire des sacrifices. »

Dawes trouve toujours du temps pour ce qui compte

Bien que Dawes admette avoir du mal à se détacher de sa charge de travail, elle cultive des moments pour elle et sa famille. « Il faut choisir ce qui est le plus important à cet instant. Je n’ai jamais vraiment réussi à me déconnecter complètement, mais je m’assure de dîner en famille presque tous les soirs et d’intégrer des activités comme des promenades quotidiennes ou de l’exercice dans mon emploi du temps. »

Elle apprécie également les sorties à la plage, la lecture, la cuisine et trouve même du plaisir à faire ses courses, une activité qu’elle considère comme un hobby : observer les nouveaux produits qui apparaissent sur les étagères et ce qui attire les consommateurs. C’est gratifiant de voir des gens choisir des produits Late July ou Nixie pour leur famille, un sentiment qu’elle sait apprécier. Pour elle, maintenir ses marques dans les rayons est un défi enrichissant, et sa passion l’aide à naviguer dans l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

« Parfois, je me réveille en me disant : ‘Je n’arrive pas à croire à quel point je suis chanceuse de faire ce travail’. Ainsi, cela ne semble pas vraiment être du travail. Je fais quelque chose de captivant tout le temps », conclut Dawes.

Bon à Savoir

  • N’ayez pas peur de prioriser vos moments de repos pour préserver votre bien-être mental.
  • Il est essentiel d’encourager une culture d’entreprise qui valorise le temps de déconnexion.
  • Les expériences personnelles peuvent influencer positivement la manière de gérer une entreprise.
  • Le plaisir de se consacrer à ses passions peut alléger le stress du quotidien.
  • Il est possible de concilier succès professionnel et vie personnelle en établissant des priorités claires.

En somme, le dilemme entre dévouement professionnel et bien-être personnel se pose à de nombreux entrepreneurs. Il est essentiel de trouver cet équilibre pour non seulement favoriser la productivité, mais aussi pour s’assurer que l’on ne sacrifie pas les moments précieux de la vie. L’interrogation demeure : jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour atteindre cet équilibre tant convoité ?



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