Le terme « 996 » a récemment fait son chemin depuis la Chine, décrivant un rythme de travail impitoyable où les employés travaillent six jours par semaine avec des journées de douze heures. Cette notion prend de l’ampleur au sein des startups de la Silicon Valley et de New York, surtout dans le cadre de la course à l’intelligence artificielle.
Les startups, au nom du progrès, adoptent une culture de travail intense où la rapidité et l’adaptation sont primordiales pour devancer la concurrence. Certaines vont jusqu’à vanter le « 996 » comme une preuve de la résilience de leur entreprise. Selon Inaki Berenger, associé chez LifeX Ventures, « celui qui développera l’IA en premier dominera le marché, alors il vaut mieux courir plus vite que les autres ».
Chez Sonatic, un startup de San Francisco spécialisée dans l’IA, les employés bénéficient d’une journée de dix heures, entrecoupée de pauses pour le déjeuner, le sport et des activités ludiques. Le PDG Kinjhal Nandi admet que cela peut sembler exigeant, mais la société offre aussi des avantages tels que le logement gratuit et des crédits pour la livraison de nourriture.
Mercor, une autre startup californienne, a annoncé une offre de recrutement pour un ingénieur, en précisant que les candidats doivent être ouverts à un emploi six jours sur sept.
D’autres entreprises, comme StarSling, imposent aussi un rythme de six jours, notamment avec des ingénieries basées dans leurs bureaux. Rilla, basée à New York, demande aux candidats de travailler environ 70 heures par semaine sur site.
Jared Sleeper, associé à la société de capital-risque Avenir à New York, a récemment évalué le « niveau de diligence » des entreprises de logiciels en utilisant des données de Glassdoor.
Dans le secteur de l’IA chez Google, le co-fondateur Sergey Brin considère 60 heures par semaine comme « le juste milieu » en termes de productivité, comme le rapporte l’Independent.
Cependant, l’Organisation mondiale de la santé avertit que travailler plus de 55 heures par semaine augmente de 35 % le risque d’accident vasculaire cérébral et de 17 % celui de décès par maladies cardiovasculaires. Une recherche britannique démontre également qu’un travail de plus de 60 heures par semaine peut réduire la productivité globale et altérer les fonctions cognitives.
En revanche, des études sur la semaine de quatre jours, notamment au Royaume-Uni, montrent que les entreprises qui ont testé ce format ont vu leur chiffre d’affaires augmenter, avec 92 % d’entre elles décidant de le maintenir. De même, un essai allemand de 2024 sur la semaine de quatre jours a révélé que 73 % des entreprises étaient prêtes à continuer cette nouvelle organisation du temps de travail.
Bon à Savoir
- Le terme « 996 » peut inciter à réfléchir sur les limites de la productivité au travail.
- Des initiatives pour une semaine de quatre jours prennent de l’ampleur, incitant des entreprises à revoir leurs structures.
- Les effets du surmenage au travail sont documentés par des recherches de l’OMS, soulevant des questions sur la santé mentale et physique des employés.
- La culture d’entreprise évolue, et le bien-être des employés devient une question cruciale pour attirer et retenir les talents.
Cette dynamique actuelle autour des heures de travail soulève des interrogations profondes sur notre rapport au travail. Jusqu’où doit-on pousser la notion de productivité ? La quête de performance ne devrait-elle pas également intégrer des solutions qui préservent la santé et l’épanouissement des individus ? Une réflexion collective s’impose pour établir un équilibre juste et respectueux des capacités humaines.