Rightmove sous pression face à une action en justice collective
Rightmove fait face à de nouvelles tensions concernant ses frais, avec le lancement d’une action juridique collective visant à représenter des agents immobiliers cherchant à récupérer ce qu’ils qualifient de « frais excessifs et injustes ». Cette initiative est dirigée par Jeremy Newman, ancien membre du panel de l’Autorité de la concurrence et des marchés, et est financée par la société londonienne Innsworth Capital, avec le soutien du cabinet d’avocats Scott+Scott UK LLP et des économistes de Kairos Economics.
Une demande de compensation de 1 milliard de livres
Le groupe déclare que le montant qu’il espère récupérer pour le compte des agents immobiliers participant à l’action pourrait atteindre 1 milliard de livres. Tout agent immobilier ayant versé des frais à Rightmove au cours des six dernières années est éligible à cette action, qui se fera sur une base d’« opt-out ».
Newman, comptable de formation, est une figure de proue dans les domaines juridique, caritatif, du logement, des affaires gouvernementales, ainsi que dans la finance. Il a notamment occupé des postes tels que vice-président du Département juridique du gouvernement et membre non exécutif du Conseil et président du Comité d’audit du Service de poursuite de la Couronne.
Il déclare : « Rightmove sait que, grâce à son statut de pionnier, son produit est considéré comme indispensable pour les agents immobiliers. Il exploite cette position dominante sur le marché des portails immobiliers en ligne au Royaume-Uni pour imposer des frais d’abonnement excessifs et injustes. »
« Les agents immobiliers doivent absorber des augmentations de tarifs constantes et excessives. »
« Mon action vise à restituer les frais trop perçus aux agents immobiliers à travers le pays et à rééquilibrer la relation entre Rightmove et les agents qui utilisent son portail immobilier en ligne. »
Un nivellement du terrain de jeu
Ian Garrard, directeur général d’Innsworth Advisors, affirme : « La demande de Jeremy vise à rétablir l’équilibre pour les entreprises de tout le pays, à dissuader les comportements anticoncurrentiels et à corriger le déséquilibre entre grandes et petites entreprises dans le secteur immobilier. »
Il ajoute que sans le régime d’action collective par opt-out, il serait beaucoup plus difficile, voire impossible, pour les PME d’obtenir réparation contre de tels comportements. Grâce au financement d’Innsworth, les entreprises du groupe n’auront rien à débourser pour cette demande.
Les agents souhaitant obtenir plus d’informations peuvent contacter le groupe par e-mail.
Rightmove réagit en déclarant : « Rightmove prend note des articles de presse relatifs à une éventuelle réclamation. Nous avons reçu notification de cette demande. Nous sommes confiants dans la valeur que nous offrons à nos partenaires. D’autres mises à jour seront fournies en temps utile. »
Réaction de l’industrie
Anthony Codling, RBC Capital Markets, commente : « Le mécontentement des agents immobiliers vis-à-vis des frais de Rightmove n’est pas une nouveauté. Ces frais sont-ils excessivement élevés ? La perception des frais dépend de chacun. »
Il souligne que Rightmove offre une variété de forfaits, permettant aux utilisateurs de choisir celui qui leur convient le mieux. La décision de dépenser davantage doit être équilibrée par l’éventuel retour sur investissement.
Bon à Savoir
- Les agents immobiliers se regroupent pour défendre leurs intérêts face à une entreprise dominante.
- Le cadre juridique autour des actions collectives est crucial pour les petites et moyennes entreprises, notamment dans des situations de déséquilibre de pouvoir.
- Les coûts des services immobiliers peuvent être sujets à débat et à multiples interprétations selon le service rendu.
- Le besoin de transparence dans la tarification est de plus en plus pressant dans le secteur immobilier.
En fin de compte, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la dynamique entre grandes entreprises et PME. Dans un monde en constante évolution où la réglementation et la concurrence jouent un rôle majeur, la capacité des agents immobiliers à faire front commun pourrait bien être un tournant dans les relations d’affaires. Sommes-nous réellement prêts à repenser la manière dont les entreprises établissent leurs tarifs et interagissent avec leurs clients ? C’est un enjeu essentiel qui mérite réflexion et débat.