Ovo Energy, l’un des principaux fournisseurs d’électricité et de gaz au Royaume-Uni, s’apprête à réduire son effectif dans les jours à venir. Cette décision fait partie d’une stratégie visant à rassurer les régulateurs sur la viabilité de son plan de redressement.
Selon des informations de Sky News, Ovo, qui dessert environ quatre millions de clients à travers le pays, envisage de supprimer des centaines d’emplois dès mercredi afin de réaliser des économies significatives.
Ces licenciements, dont l’ampleur exacte n’a pas été précisée ce week-end, s’inscrivent dans un plan d’affaires révisé soumis à Ofgem, le gendarme de l’énergie, visant à améliorer la rentabilité de l’entreprise.
Ce même plan pourrait inclure des limitations concernant l’acquisition de nouveaux clients tant que les finances d’Ovo ne sont pas stabilisées, selon des sources de l’industrie.
Un insider a suggéré que “plusieurs centaines” de postes seraient supprimés la semaine prochaine, bien qu’une porte-parole de l’entreprise ait refusé de confirmer le nombre de licenciements ou la taille de l’effectif actuel d’Ovo.
Cette annonce survient moins d’un mois après la démission du PDG d’Ovo, David Buttress, alors que l’entreprise cherchait des investisseurs prêts à injecter plusieurs centaines de millions de livres dans sa structure.
David Buttress, ancien dirigeant de Just Eat et peu de temps nommé responsable des coûts de la vie par Boris Johnson, a été remplacé par Chris Houghton, un ancien responsable d’Ovo qui a travaillé aux côtés de son fondateur, Stephen Fitzpatrick.
La présidence de la branche énergie de détail d’Ovo a récemment été confiée à Dame Jayne-Anne Gadhia, ancienne dirigeante de Virgin Money.
Bien qu’Ovo soit derrière Octopus Energy et British Gas dans le marché de l’approvisionnement énergétique domestique, il reste l’un des acteurs les plus significatifs du secteur.
Depuis plusieurs mois, l’entreprise s’efforce de lever environ 300 millions de livres en nouvelles actions, les banquiers de Rothschild étant en pourparlers avec divers investisseurs financiers.
Le mois dernier, Sky News avait rapporté qu’un groupe d’investissement norvégien avait abandonné les négociations, préoccupé par le cadre réglementaire qui complique l’attraction de nouveaux capitaux.
Verdane, basé à Oslo, avait discuté en détail d’une injection de fonds conséquente dans l’entreprise en échange d’une part importante, tandis qu’Iberdrola, propriétaire de Scottish Power, a également mené des discussions préliminaires concernant une éventuelle collaboration.
Les incertitudes des investisseurs ont été exacerbées par les normes de solvabilité imposées par le régulateur Ofgem, avec Ovo reconnaissant récemment qu’elle, tout comme son concurrent plus important Octopus Energy, n’était pas encore entièrement conforme à ces règles, indiquant : “Nous avons pris des mesures proactives pour nous aligner sur les nouvelles règles de capital d’Ofgem, en travaillant de manière constructive pour répondre aux exigences.”
Sky News a annoncé ce mois-ci qu’Ovo n’était pas techniquement en infraction des normes de solvabilité, puisqu’un compromis a été trouvé avec Ofgem pour satisfaire ses obligations.
Soutenu par des investisseurs comme Mitsubishi et Mayfair Equity Partners, Ovo a divulgué dans ses récents états financiers une “incertitude matérielle” concernant son avenir.
Parallèlement, l’entreprise a engagé des conseillers de Arma Partners pour explorer la vente d’une part de Kaluza, son bras logiciel, rappelant une démarche similaire de la division Kraken d’Octopus Energy.
Créée en 2009, l’entreprise s’est positionnée comme une alternative apportant un service de qualité supérieure aux entreprises établies du secteur.
Le tournant majeur d’Ovo est survenu en 2020, lorsqu’elle a acquis le bras d’approvisionnement de détail de SSE, la propulsant immédiatement parmi les leaders du secteur énergétique britannique.
Cependant, sa croissance n’a pas été sans difficultés, notamment en raison de relations tendues avec Ofgem et d’un grand nombre de plaintes de clients concernant des surcharges.
Bon à Savoir
- Ovo Energy a été fondée en 2009 pour challenger les entreprises établies du secteur.
- Elle a connu une ascension rapide en achetant une autre entreprise de fourniture énergétique en 2020.
- La compagnie s’efforce actuellement de lever des fonds pour stabiliser sa situation financière.
- Les défis d’Ovo illustrent les enjeux réglementaires du secteur énergétique britannique.
- Ovo a récemment nommé de nouveaux dirigeants pour guider son redressement.
Il est intéressant de constater comment la dynamique entrepreneuriale peut être à la fois porteuse et fragile. Dans un secteur aussi régulé que l’énergie, l’équilibre entre l’innovation, la satisfaction des clients et les obligations réglementaires est délicat. La situation d’Ovo pose des questions fondamentales sur la résilience des entreprises dans un environnement en constante évolution, et nous amène à réfléchir sur les valeurs qui guident notre consommation énergétique. Sommes-nous prêts à soutenir une transition vers des pratiques plus durables, même si cela implique de renoncer à certaines commodités immédiates ? C’est une question qui mérite une attention particulière, car elle transcende le simple cadre économique et touche à notre responsabilité sociétale collective.