L'Amérique face au défi : combler le fossé manufacturier avec la Chine !
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Les États-Unis ne devraient pas se leurrer. Il semble peu probable qu’ils récupèrent leur position manufacturière face à la Chine dans un avenir proche.

Selon les données de la Banque mondiale, en 2024, le PIB des États-Unis s’élèvera à 29,2 trillions de dollars, soit 60 % de plus que celui de la Chine, qui atteindra 18,7 trillions de dollars. Toutefois, le secteur manufacturier chinois, évalué à 4,7 trillions de dollars et représentant 25 % du PIB du pays, est 60 % plus important que celui des États-Unis, qui ne vaut que 2,9 trillions de dollars et représente 10 % du PIB. La réalité économique est donc préoccupante.

Selon les prévisions du Fonds monétaire international dans son rapport d’octobre sur les perspectives économiques mondiales, le taux de croissance économique réel attendu des États-Unis est d’environ 2 % en 2025 et de 2,1 % en 2026. Pour la Chine, ces chiffres sont respectivement de 4,8 % et 4,2 %.

Si les États-Unis parvenaient à maintenir une croissance annuelle de 2,125 % tout en augmentant la part du PIB manufacturier de 0,25 % chaque année, dans 20 ans, leur PIB atteindrait environ 43,8 trillions de dollars et le secteur manufacturier représenterait 6,6 trillions de dollars, soit 15 % du PIB. Même si le taux de croissance du PIB de la Chine était divisé par deux, passant de 4,2 % à 2,125 %, et que la part du secteur manufacturier demeurait inchangée, dans 20 ans, le PIB de la Chine serait d’environ 28,1 trillions de dollars, avec un secteur manufacturier valant 7 trillions de dollars—restant ainsi légèrement au-dessus des États-Unis.

Naturellement, si la Chine maintenait son taux de croissance économique projeté de 4 %, dans 20 ans son PIB serait d’environ 41,1 trillions de dollars, mais son secteur manufacturier atteindrait environ 10,3 trillions de dollars, soit 50 % de plus que celui des États-Unis. Le fossé manufacturier actuel entre les États-Unis et la Chine, d’environ 1,8 trillion de dollars, pourrait presque doubler en une génération, atteignant 3,7 trillions de dollars.

En réalité, du point de vue de la sécurité nationale, un indicateur plus approprié pour comparer les économies est le PIB basé sur la parité de pouvoir d’achat (PPA). Par exemple, c’est la méthode régulièrement utilisée par la Central Intelligence Agency dans ses évaluations de la puissance économique relative. Selon la CIA, en 2024, le PIB ajusté en PPA de la Chine serait de 33,6 trillions de dollars, soit 30 % de plus que celui des États-Unis à 25,7 trillions de dollars. Étant donné que le secteur manufacturier chinois représente 25 % de son économie, il atteindrait environ 8,4 trillions de dollars dans ce cadre. Par ailleurs, le secteur manufacturier des États-Unis, représentant 10 % de leur PIB, n’atteindrait que 2,6 trillions de dollars.

Enfin, envisager de réduire un écart manufacturier de 5,8 trillions de dollars dans un avenir proche semble utopique. Même dans l’hypothèse d’une stagnation du secteur manufacturier chinois pour les 20 prochaines années, pour combler cet écart, il faudrait que le secteur manufacturier américain croisse à un rythme ahurissant de 6 % par an, ce qui semble difficilement réalisable.

Bon à Savoir

  • Le PIB ajusté par PPA est souvent considéré comme un indicateur plus représentatif de la puissance économique d’un pays.
  • Les secteurs manufacturiers jouent un rôle clé dans la dynamique économique et la croissance d’un pays.
  • La compétitivité industrielle est renforcée par l’innovation, l’investissement en recherche et développement, et les politiques économiques favorables.
  • Les prévisions économiques sont parfois sujettes à changement en raison de facteurs imprévus, comme des crises économiques ou des avancées technologiques.

La situation actuelle démontre une complexité intrinsèque dans le paysage économique mondial. Loin de se limiter à des chiffres, la question de la compétitivité entre nations soulève des enjeux fondamentaux sur l’avenir des pays. La quête d’une redynamisation des industries locales face à une compétitivité accrue exige à la fois réflexion stratégique et innovation audacieuse. Comment les nations pourront-elles naviguer dans ce contexte changeant pour garantir leur pérennité économique?



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